A Arles, la Fondation Luma espère un « effet Bilbao »

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Publié aujourd’hui à 12h00

« Arles, quartier Roquette, maison XVIIe rénovée avec goût. Terrasse avec vue panoramique sur le centre historique et la tour de Frank Gehry. » A quelques jours de l’inauguration, samedi 26 juin, de la Fondation Luma rêvée par la milliardaire suisse Maja Hoffmann, l’événement est déjà célébré par Romuald Chamot et son jeune associé, Mathieu Gilles, professionnels de l’immobilier. « Avant, les gens venaient à Arles pour les arènes et les Rencontres de la photographie, quitte à en partir au premier mistral. Maintenant, c’est pour Mme Hoffman et sa tour », observe l’aîné, qui plisse les yeux entre son masque et sa casquette de jeune. Pour ce duo futé, l’effet Luma à Arles est déjà une réalité, sonnante et trébuchante.

Détail architectural de la tour de Frank Gehry à Arles.

Parmi leurs nouveaux clients, ils comptent des acteurs, comme l’Allemand Richard Sammel – « Vous savez celui qui joue le méchant dans un James Bond (Casino Royale) » –, des conseillers de l’Élysée, mais aussi des investisseurs flairant la bonne affaire. « L’argent attire l’argent », philosophe le cadet à l’épaisse moustache, rappelant qu’en centre-ville les prix au mètre carré ont quasiment triplé en dix ans. La ville où se côtoient ouvriers agricoles, famille d’immigrés et gitans se gentrifie à grande vitesse.

Le rêve d’une vie

À quelques kilomètres du quartier de la Roquette, le promoteur immobilier Martin Mahé de La Bourdonnais se frotte, lui aussi, les mains. Il a cédé « à la vitesse de l’éclair » les sept immeubles de 185 logements neufs qu’il a construits sur la route de la Crau. Pas au directeur des Beaux-Arts de Paris, Jean de Loisy, ni à la réalisatrice Laetitia Masson, qui ont pris leurs quartiers d’été dans la région, mais à des Arlésiens pur jus, cadres ou employés. « J’ai vendu le projet sur le mode “vous allez participer à une nouvelle ère” », confie-t-il, capitalisant, dans sa brochure promotionnelle, sur Jules César (le plus vieux buste de l’empereur y a été découvert en 2008), les Rencontres de la photographie… et Maja Hoffmann.

A 65 ans, la cohéritière des laboratoires suisses Roche imaginait-elle devenir un « produit d’appel » immobilier ? Maja Hoffmann voit en tout cas le rêve d’une vie se matérialiser avec la Fondation Luma sur laquelle trône la tour de Frank Gehry, un impressionnant édifice de 56 mètres de hauteur imaginé par un Prix Pritzker, star planétaire et vétéran de l’architecture (il est nonagénaire) qui a déjà œuvré, entre autres, pour la Fondation ­Louis-Vuitton à Paris et le Musée Guggenheim de Bilbao.

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