A Auxerre, la naissance d’un écosystème de mobilité hydrogène

Un des cinq bus roulant à l’hydrogène, présenté par la communauté d’agglomération de l’Auxerrois et Hynamics, filiale d’EDF, à Auxerre, mercredi 13 octobre 2021.

De longs réservoirs blancs, des tuyaux et des manomètres, deux gros conteneurs situés en périphérie d’Auxerre, à proximité de la voie ferrée. Même peint de frais, l’ensemble, pas beaucoup plus grand qu’une station-service, est somme toute assez banal. Qui pourrait croire que cette installation industrielle – une station hydrogène de 1 mégawatt (MW) – concrétise l’avenir d’une énergie et d’une mobilité décarbonées et made in France ?

Pourtant, c’est bien le cas. La communauté d’agglomération de l’Auxerrois et Hynamics, filiale d’EDF, ont inauguré, mercredi 13 octobre, le plus grand électrolyseur pour produire et distribuer de l’hydrogène en France – on en extrait la molécule d’hydrogène H2 en faisant passer un courant électrique. Capable de produire 400 kilos d’hydrogène par jour, la station, baptisée « AuxHYGen », est destinée à fournir l’énergie des bus, puis des camions-bennes, de la collectivité et, plus tard, des trains régionaux.

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Hasard du calendrier, la veille, le président Emmanuel Macron avait scandé, lors de la présentation de son plan France 2030, sa volonté de produire, dans l’Hexagone, de l’hydrogène par électrolyse, grâce à l’électricité décarbonée à la française (qui allie énergie renouvelable et nucléaire), pour « alimenter nos camions, nos bus, nos trains (…) ». La coïncidence amuse Crescent Marault, maire (Les Républicains) d’Auxerre et président de la communauté d’agglomération : « On a bien organisé les choses. »

« Aller ver la neutralité carbone »

Après la théorie à Paris, voici donc les travaux pratiques en région… Et cela commence par les cinq bus H2 achetés par la communauté d’agglomération de l’Auxerrois au constructeur français Safra. Devant les officiels, un des véhicules s’avance pour un premier remplissage du réservoir sous pression à 350 bars. L’opération, analogue à celle d’un approvisionnement en gazole, prend une dizaine de minutes, sans problème, à la satisfaction des participants.

« Il y a une vraie émotion de voir fonctionner pour la première fois un outil de cette envergure permettant d’aller vers la neutralité carbone », souligne Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF. Un sentiment d’autant plus partagé que l’opération coche, en plus, toutes les cases du patriotisme économique. L’impressionnante cuve à électrolyse et les bornes d’approvisionnement sont livrées par la société grenobloise McPhy. Les bus sont fabriqués à Albi et équipés d’une pile à combustible tricolore Symbio, filiale de Faurecia et Michelin. Le futur train à hydrogène sera, lui, fabriqué par Alstom.

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