A Bordeaux, le conflit autour de l’écosystème Darwin n’évolue toujours pas

L’écoquartier Darwin, à Bordeaux, en janvier 2016.

Le sujet était en haut de la pile des dossiers délicats de la municipalité écologiste bordelaise, élue en juin 2020. Le site Darwin est un « écosystème » dévolu au développement économique responsable, à l’entrepreneuriat social et à la transition écologique, installé sur la rive droite de Bordeaux. Un endroit devenu, depuis ses débuts en 2010, un haut lieu alternatif, qui propose aujourd’hui le plus grand restaurant bio de France, accueille 180 entreprises dans un vaste espace de coworking, abrite une quarantaine d’associations, un local d’Emmaüs, des ruches, une librairie mais aussi un lycée expérimental… et qui voit déambuler chaque année près d’un million de visiteurs. Il y a quelques jours, la septième édition de son festival Climax, qui mêle conférences, performances artistiques et concerts, s’est achevée avec succès.

Pourtant, en coulisses, les crispations demeurent entre la municipalité et ce lieu prisé, installé sur l’ancienne caserne Niel et ses trois hectares de friche militaire. Car si certains espaces au nord du site appartiennent bien à Darwin, qui a également remporté l’appel d’offres pour la réhabilitation d’une partie de la zone sud, 35 hectares sont la propriété de la SAS Bastide Niel, dont Bordeaux Métropole Aménagement (BMA) fait partie, mandatée pour construire un écoquartier de 3 400 logements.

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Or la rue qui dessert les bâtiments dont Darwin est propriétaire fait partie du projet immobilier de BMA. Depuis 2017, un conflit oppose donc les deux voisins, que les élus locaux n’ont toujours pas réussi à régler. En 2018, l’ancien maire de Bordeaux, Alain Juppé, las de ne pas trouver d’issue, avait publié une tribune dans Le Monde en réponse à celle des 100 personnalités mobilisées en défense du site.

« Il faut de la cohérence »

Si le dialogue était rompu entre Darwin et l’ancienne municipalité – comme avec BMA –, de nombreux espoirs reposaient sur la nouvelle mairie, dirigée par l’écologiste Pierre Hurmic. Opposant d’Alain Juppé, ce dernier avait fait partie des soutiens les plus fervents de l’écoquartier. Pourtant, un an après son arrivée à la mairie de Bordeaux, le sujet est toujours au point mort. Selon Philippe Barre, cofondateur de Darwin, « aucune proposition n’a été faite » afin de régler le litige. « Depuis un an qu’ils sont arrivés, rien n’a été régularisé. Pierre Hurmic a été le premier à dénoncer en conseil municipal la vente de cette rue ! Et maintenant, il endosse un autre rôle. Il faut de la cohérence », s’agace M. Barre qui reconnaît néanmoins que la mairie écologiste « veut sortir [de l’impasse] ».

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