A Douai, dans le Nord, le chinois Envision construira des batteries pour Renault

A l’usine Renault de Douai (Nord), en novembre 2014.

Les vieilles terres industrielles du nord de la France se prendraient-elles pour l’Amérique ou la Chine, où poussent les « gigafactories » de batteries pour voitures électriques ? Lundi 28 juin, à Douai (Nord), le président Emmanuel Macron devait, en tout cas, se muer en apporteur de bonnes nouvelles et annoncer la création d’une deuxième usine géante de batteries qui fournira le groupe Renault, après celle d’Automotive Cells Company (ACC, coentreprise Stellantis-Total), à Douvrin (Pas-de-Calais).

L’entreprise sino-japonaise Automotive Energy Supply Corporation (AESC), ex-filiale de Nissan rachetée en 2018 par le chinois Envision, va investir 2 milliards d’euros pour édifier, à partir de 2022, un site de production de cellules de batterie sur un terrain jouxtant l’usine Renault de Douai.

La nouvelle gigafactory devrait être en mesure de sortir 9 gigawattheures (GWh) de batteries par an en 2024, pour la production de la future R5 électrique Renault, et pourrait monter sa capacité à 24 GWh en 2030. Envision dit vouloir embaucher 1 000 personnes d’ici à 2024. L’emploi total pourrait se monter à 2 500 postes en 2030. Pour mémoire, à Douvrin, l’usine ACC, qui fournira en premier lieu les marques de Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat…), produira, en 2030, 28 GWh et occupera 2 000 salariés.

Si Envision met 2 milliards d’euros dans l’affaire, les concours publics ne sont pas pour autant négligeables : environ 200 millions d’euros venus de l’Etat et des collectivités locales. Il s’agit d’aides à la production de batteries et de soutien à Renault pour adapter son usine de Douai et éventuellement un peu de recherche et développement, et de l’aide à la production de ses nouveaux véhicules électriques.

Une vallée de l’emploi électrique

L’annonce est évidemment une bonne nouvelle pour le Douaisis. Xavier Bertrand, président (divers droite) de la région Hauts-de-France, en campagne pour sa réélection, n’a d’ailleurs pas résisté au plaisir de livrer l’information aux médias, dès vendredi 25 juin, soixante-douze heures avant le chef de l’Etat. Cela a aussi été l’occasion de quelques chamailleries à distance, ce week-end, entre M. Bertrand et la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, pour savoir à qui l’on devait cette profusion d’emplois futurs.

Il est vrai qu’une vallée de l’emploi électrique est en train de voir le jour, épousant presque le dessin du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais. Et Renault y tient une place prépondérante. L’usine Envision de Douai est un élément-clé du vaste complexe de production de voitures à batteries, baptisé ElectriCity, mis en place par le groupe au losange. ElectriCity englobe, outre Renault Douai et Envision, l’usine de Maubeuge (Nord, production des Kangoo) et de Ruitz (Pas-de-Calais, usine de mécanique). A terme, cet ensemble promet d’occuper près de 8 500 salariés et de produire 400 000 véhicules par an.

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