A Marseille, Emmanuel Macron va détailler une « réponse globale » aux problèmes de la ville

Dans une rue près de la cité  des Marronniers, à Marseille, le 30 août.

Il va prendre le temps mais aussi sortir le chéquier. Emmanuel Macron se rendra à Marseille du mercredi 1er au vendredi 3 septembre afin de présenter un grand plan en faveur de la deuxième ville de France, qui cumule les difficultés.

Comme un symbole de la complexité du dossier, cette visite de trois jours sera la plus longue effectuée par le président de la République dans un seul lieu depuis le début de son quinquennat. L’occasion d’aborder de multiples sujets, avec l’ambition d’apporter « une réponse globale », explique l’Elysée, qui prévoit un cocktail de mesures « d’urgence » et d’autres « de fond, sur le long terme ».

Mercredi après-midi, M. Macron devait entamer son déplacement par une séquence dédiée au sujet le plus brûlant : celui de la sécurité. A la clé : « Des annonces en matière de moyens, d’effectifs et d’infrastructures sur le volet police-justice », d’après l’Elysée, afin de tenter de diminuer les violences qui secouent la cité phocéenne.

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Depuis le début de l’année, quinze homicides ont eu lieu lors de règlements de comptes liés aux trafics de drogue. En février, à l’occasion d’une visite dans les quartiers nord, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé l’arrivée de 300 policiers supplémentaires sur trois ans dans la cité phocéenne, dont 100 dès 2021. Le 24 août, son collègue de la justice, Eric Dupond-Moretti, promettait l’envoi de magistrats supplémentaires. Lors de sa visite, le chef de l’Etat devrait présenter les modalités de ces renforts exigés par les élus locaux.

En particulier, le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, ne cesse d’alerter le sommet de l’Etat sur le manque de moyens dont souffre sa ville pour lutter contre des « trafics internationaux, des mafias, des cartels » avec « des millions d’euros en jeu ». A ses yeux, ce ne sont pas 300 policiers supplémentaires qu’il faudrait pour rétablir l’ordre dans cette ville portuaire de 870 000 habitants (hors agglomération) mais plutôt 800, et davantage de spécialistes de « la police scientifique, financière et judiciaire ». Quant à la justice, M. Payan exige la création d’un « parquet spécial ».

« Une approche globale »

Pas question pour autant de se cantonner aux sujets de maintien de l’ordre et de justice. Les élus locaux, comme l’Etat, conviennent de la nécessité d’avoir une « approche globale ». « Les trafics de drogue, c’est un symptôme et non la cause des multiples problèmes endémiques qui existent à Marseille, estime le député (La République en marche, LRM) des Bouches-du-Rhône Saïd Ahamada. Si l’on veut s’y attaquer de manière efficace, il ne suffit pas de faire du tout-sécuritaire. Il faut avoir une vision à 360 degrés, en agissant sur les écoles, les transports ou l’emploi dans des territoires où la République a reculé. »

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