A Marseille, la grève des éboueurs s’installe

Un monticule d’ordures à Marseille, le 28 septembre 2021.

Le mistral s’est levé sur Marseille et fait virevolter le contenu des poubelles qui envahissent une grande partie de la ville. Six jours après le lancement d’une grève qui mobilise fortement les services de collecte des déchets et du nettoyage de la Métropole Aix-Marseille-Provence (AMP), collectivité et syndicats restent inconciliables sur la réforme du temps de travail des agents. Mercredi 29 septembre, après vingt-quatre heures de pause dans les négociations, l’ensemble des organisations syndicales a été reçu – toujours séparément – par le directeur général des services d’AMP, Domnin Rauscher. « Il y a eu un premier pas, mais il n’est pas encore suffisant », note Serge Tavano, secrétaire général du syndicat FSU-Territoriaux. « Le ton a changé. Nous sommes sur une étape qui va vers le mieux, mais encore très loin d’un accord », estime Patrick Rué, son homologue Force ouvrière, plus forte puissance syndicale de la métropole.

La loi sur la transformation de la fonction publique de 2019 oblige tous les fonctionnaires à effectuer 1 607 heures annuelles à partir du 1er janvier 2022, sauf dérogation due à la pénibilité des métiers. Après avoir longtemps mis le dossier de la collecte entre parenthèses, la métropole présidée par Martine Vassal (Les Républicains) a proposé, le 16 septembre, de réorganiser le travail de ses 3 658 agents à hauteur de 1 530 heures annuelles. Soit 5 % de moins que le temps légal, pour prendre en compte l’âpreté du quotidien des chauffeurs de benne et des ripeurs. Dans les dépôts, où perdurent le système du fini-parti – cet aménagement qui permet toujours aux fonctionnaires d’arrêter leur journée une fois leur tournée achevée – et les statuts hérités des six intercommunalités précédentes, cette proposition a fait l’effet d’une bombe. Syndicats et agents calculent que la nouvelle organisation augmenterait le temps de travail quotidien de plus de deux heures et ferait perdre entre sept et vingt-huit jours de congés compensatoires.

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Si elle ne lâche pas son objectif de 1 530 heures, la métropole l’agrémente depuis mercredi de plusieurs aménagements. « Neuf jours de repos compensatoire par an, l’ouverture d’un compte épargne-temps, un volet d’accompagnement à la reconversion des agents… », égrène Roland Mouren, vice-président d’AMP en charge des déchets, par ailleurs maire de la petite ville de Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône). « On nous donne 9 jours de repos en échange de dix-sept minutes de travail en plus par jour, ce n’est pas une avancée », compte le secrétaire général FSU-Territoriaux, qui, comme Force ouvrière, propose un accord à 1 460 heures annuelles et le maintien des repos actuels.

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