A Marseille, les croisières reprennent et ça n’amuse pas les riverains

Un paquebot, dans le port de Marseille, le 23 mars 2021.

Chiens anti-Covid-19 lors des mouvements de passagers sur les quais, recherche des traces du virus dans les eaux usées du paquebot par les marins-pompiers, durant les opérations d’accostage, « bulles sanitaires » pour sécuriser les excursions : les escales du MSC-Seaside, les dimanches 20 et 27 juin à Marseille, auront fait office de galop d’essai et de test grandeur nature du protocole sanitaire imposé sur les paquebots. « Toutes les conditions sont réunies à Marseille pour que le port, la ville et la région bénéficient de nouveau de l’activité des croisières dans les meilleures conditions », se félicite Erminio Eschena, directeur des relations institutionnelles et des affaires industrielles de MSC Croisières, par ailleurs président de la Cruise Lines International Association (CLIA).

Le coup d’envoi de la reprise des croisières sera effectif le 4 juillet avec les escales du Costa-Smeralda (Costa Croisières), qui embarquera 700 passagers français et du MSC-Seaside. Le redémarrage sera progressif : trente-sept escales sont programmées en juillet et août par les deux leaders du secteur, soit quelques milliers de passagers. C’est encore loin des quelque 2 millions de passagers par an d’avant la crise sanitaire.

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« On se réjouit de la reprise de ce trafic, assure Hervé Martel, président du directoire du grand port maritime de Marseille, car l’objectif du port est d’accueillir des navires, de créer de la richesse pour le territoire à partir de l’activité portuaire et de le faire de façon respectueuse pour l’environnement. » Raffaele D’Ambrosio, directeur général France de Costa Croisières, parle même d’« émotion pour cette reprise attendue avec impatience ». Le responsable de la compagnie filiale du groupe Carnival se dit confiant dans l’efficacité du protocole sanitaire draconien, éprouvé en juin durant les croisières organisées en Italie.

« Un air irrespirable et dangereux »

« Pour le pilote du port comme pour le guide d’excursion, c’est vraiment une fête de retravailler, de remonter sur un navire », s’enthousiasme, lui aussi, Jean-François Suhas, président du Club de la croisière Marseille-Provence, fédérateur des acteurs de cette filière, qui, selon une étude a généré 375 millions d’euros de retombées en 2019 et mobilise 2 000 emplois.

Mais, à Marseille, premier port de croisières français, le retour de ces géants des mers ne fait pas que des heureux. Député LRM élu dans les quartiers nord de Marseille, Saïd Ahamada, rapporteur spécial affaires maritimes et ports à l’Assemblée nationale, a réclamé, début juin, « une régulation de la reprise de l’activité croisières » avec la fixation d’une limite de paquebots accueillis, afin d’éviter des pics de pollution. « Cette reprise est une bonne nouvelle à condition que notre environnement soit préservé », estime l’élu. A Marseille, la part des rejets d’oxydes d’azote (les NOx) par l’activité maritime est quasi équivalente à celle des rejets routiers.

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