A Naples, Biarritz ou Barbizon, j’irai dormir chez les artistes

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Publié aujourd’hui à 06h00

Dormir à quelques mètres de l’atelier d’un artiste, découvrir ses œuvres en primeur n’est pas le seul privilège des visiteurs de la Villa Médicis. En France, et plus largement en Europe, il est possible de louer une chambre qui voisine le studio d’un plasticien. Un signe que l’hôtellerie a bien changé.

Le confort d’une chambre ne se résume plus, voire pas du tout, à un mobilier aseptisé et interchangeable ou à un bouquet satellite diffusant une centaine de chaînes de télévision. D’ailleurs, un poste de télévision n’a plus vraiment lieu d’être pour garantir un bon séjour. Ni même un minibar ou une salle de sport.

Leur vœu, désacraliser l’art, montrer aux visiteurs d’un soir le travail nécessaire à la fabrication d’une sculpture ou faire sentir le temps d’une nuit comment un endroit a pu inspirer des artistes.

L’authenticité est nécessaire. Et le prix, parfois élevé, est celui d’une expérience unique. Ainsi, voilà quelques années que des adresses hybrides essaiment, portées par des esthètes (bien souvent des femmes) qui brouillent les frontières avec des demeures, souvent décorées par leur propriétaire. Des hôtes qui endossent le rôle de passeurs de l’art mais aussi de l’histoire de leur ville ou de leur région, à Naples, à Biarritz ou dans la vallée de la Loire. Leur vœu, désacraliser l’art, montrer aux visiteurs d’un soir le travail nécessaire à la réalisation d’un album, à la fabrication d’une sculpture ou simplement faire sentir le temps d’une nuit comment un endroit a pu inspirer des artistes.

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Dans ces lieux qui allient ambiance arty et qualité du sommier, la surprise c’est que bien souvent les hôtes de passage ne sont pas forcément férus d’art, mais simplement curieux de vivre une expérience hors des sentiers battus ou de découvrir un milieu habituellement hermétique. D’ailleurs, Airbnb ne s’y est pas trompé. Toujours à l’affût des tendances du voyage, le site de location a imaginé en ­septembre un concours permettant de dormir, entre autres, à Milly-la-Forêt, dans l’Essonne, chez Jean Cocteau.

Le Pavillon Southway, une maison familiale à Marseille

Le Pavillon Southway, à Marseille (Bouches-du-Rhône).

L’historienne et artiste Emmanuelle Luciani voulait briser l’image du plasticien inaccessible et a investi une maison familiale qu’elle a transformée en lieu de rencontre. « En général, on ne voit l’artiste que dans les cocktails où il est intouchable, quasi divinisé, nous voulions le faire descendre de son piédestal et montrer qu’il était ouvert à des discussions sincères, même avec des non-spécialistes. Je voulais surtout montrer que l’art n’est pas toujours aussi snob qu’on le dit. » Dans sa vaste maison où chacun peut faire le choix de vivre en retrait, flâner dans sa chambre, visiter la ville, lire dans le jardin ou discuter avec les résidents, on se balade librement entre les ateliers et on observe la fabrication des pièces qui iront décorer les chambres.

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