A Paris, la justice annule le permis de construire du projet Mille arbres

Le projet « Mille arbres », porte Maillot, à Paris.

Il était l’un des vingt-deux projets lauréats qui devait « réinventer Paris », et même, pour celui-ci, réenchanter le périphérique puisqu’un immeuble-pont, planté d’un millier d’arbres, allait enjamber la voie rapide et relier, à l’ouest de la capitale, la porte Maillot à Neuilly. Plus connu sous le nom de projet Mille arbres, le quartier suspendu imaginé par les architectes japonais Sou Fujimoto et français Manal Rachdi devait accueillir une centaine de logements, un hôtel, une crèche, des bureaux, un restaurant panoramique. Mais dans une décision rendue publique vendredi 3 juillet, le tribunal administratif de Paris a annulé le permis de construire au motif que l’opération « est susceptible de porter à la santé publique ».

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Depuis le début, ce projet spectaculaire fascine autant qu’il soulève les critiques. Et très vite, le feu vert donné en août 2019 par la mairie de Paris à la Compagnie de Phalsbourg a été attaqué. Dans un premier temps par l’aéroport de Beauvais, car le chantier obligeait à déplacer provisoirement la gare routière où se retrouvent les voyageurs qui prennent le bus pour rejoindre leur avion. Le deuxième coup a été porté par une coalition écologiste réunissant les associations Les Amis de la Terre, France nature environnement, mais aussi plusieurs élus de Paris, dont David Belliard, l’actuel adjoint (Europe Ecologie-Les Verts, EELV) d’Anne Hidalgo chargé des transports et des mobilités. A leurs yeux, l’idée même de créer un quartier au-dessus d’une autoroute urbaine, à un endroit où la pollution automobile est donc particulièrement importante, pose problème.

« Niveau élevé de pollution de l’air »

Le tribunal est allé dans leur sens. Aujourd’hui, ce quartier, au nord de la porte Maillot, est déjà marqué « par un niveau élevé de pollution de l’air, au-delà des valeurs limites fixées par le code de l’environnement et les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé pour la concentration de dioxyde d’azote et de particules fines », rappelle la justice, étude d’impact à l’appui.

Or, si la réalisation en elle-même de l’immeuble-pont n’augmentera pas la pollution de l’air ambiant, elle aura toutefois pour effet de déplacer les polluants (plus de 20 % du dioxyde d’azote) vers des rues où se trouvent des logements, des bureaux mais aussi une résidence pour personnes âgées. Par ailleurs, et l’autorité environnementale l’avait souligné dans son avis rendu en octobre 2018, « le site de la future crèche, qui sera réalisée juste au-dessus de la future gare routière, restera exposé à des valeurs dépassant ou se rapprochant des valeurs seuils de référence ».

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