A Paris, La Nouvelle Seine, un tremplin flottant pour les humoristes

La scène de la péniche La Nouvelle Seine, le 27 juillet 2013.

Quai de Montebello à Paris, descendre l’escalier qui mène aux berges de la Seine, marcher sur les pavés le long du fleuve, admirer le point de vue sur Notre-Dame, puis monter sur la passerelle qui mène à La Nouvelle Seine. C’est dans ce décor de carte postale qu’est amarrée une jolie péniche devenue, en moins de dix ans, l’un des meilleurs lieux pour découvrir de nouveaux humoristes.

Ma première virée à La Nouvelle Seine remonte à 2014. Elle avait ouvert ses portes depuis quelques mois. Il fallait un certain culot pour créer une salle de spectacle indépendante dans une capitale qui regorge de théâtres et cafés-théâtres. Cela aiguisait ma curiosité. Passé le pont principal – composé d’un bar et d’un restaurant surmontés d’une verrière avec vue imprenable sur la cathédrale – il faut descendre quelques marches pour parvenir dans la cale aménagée. Là, cent quinze sièges font face à une jolie petite scène décorée de spots comme ceux qui entourent les miroirs dans les loges de théâtre.

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C’est dans cet antre rouge et noir que Jessie Varin, à la barre artistique du lieu, programme ses « coups de cœur » et ses « découvertes », dont bon nombre d’artistes femmes. Après avoir travaillé plusieurs années au café-théâtre du Point-Virgule où, d’hôtesse d’accueil à chargée de communication, elle a « tout appris », la jeune femme fait confiance à son instinct.

Il est rare qu’on soit déçu

En 2014, j’ai pris plaisir à découvrir la folie de Bun Hay Mean, dit « Chinois Marrant », et la qualité d’écriture d’Audrey Vernon pour Chagrin d’amour. Très vite, La Nouvelle Seine est devenue l’une de mes adresses régulières pour capter l’évolution de la scène humoristique, notamment du stand-up.

En 2015, Guillaume Meurice, devenu depuis le chroniqueur le plus podcasté de France Inter, y présente Que demande le peuple ?, prémices de son goût pour l’irrévérence face aux institutions « dominantes » et aux communicants. Puis en 2016, je fais ma plus belle découverte humoristique : Blanche Gardin dans son premier solo Il faut que je vous parle. Pendue à ses lèvres, estomaquée par sa hardiesse et la qualité de son humour noir, je sors de ce spectacle emballée. On connaît la suite de sa carrière et son incroyable succès, mais Blanche Gardin est restée fidèle à La Nouvelle Seine pour lancer ses créations.

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Qu’il s’agisse de visages nouveaux comme Giorgia Sinicorni, Julie Bargeton, Réda Seddiki, etc, ou d’artistes plus confirmés venus roder leurs nouveaux spectacles, comme Noémie de Lattre en 2017 avec Féministe pour homme ou Géraldine Martineau en 2018 avec Aime-moi (encore deux belles découvertes), il est rare qu’on soit déçu. Plus récemment, l’étonnante Doully et la nouvelle venue belge Fanny Ruwet ont fait les beaux jours de La Nouvelle Seine. Et on a hâte de découvrir à la rentrée la nouvelle création d’Audrey Vernon, Billion dollar baby.

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