A Paris, le vélo pourrait détrôner la voiture dès 2025

Un cycliste à Paris, le 4 septembre 2021.

Le refrain date de 1972. « Dans Paris, à vélo, on dépasse les autos », chantait Joe Dassin dans sa Complainte de l’heure de pointe. Cinquante ans plus tard, la formule pourrait bien trouver sous peu un nouveau sens, et les trajets effectués à vélo dépasser en nombre ceux réalisés en voiture. Les deux courbes devraient se croiser dès 2024, et les déplacements à vélo dominer clairement à l’horizon 2026, selon les projections dévoilées, jeudi 21 octobre, par la mairie de Paris.

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« C’est bien ce que nous voulons, assume David Belliard, l’adjoint écologiste chargé des déplacements et de l’espace public. Le vélo représente déjà 5,6 % des déplacements à Paris, contre 9 % pour la voiture. Sur certains axes, il y a parfois davantage de cyclistes que d’automobilistes, mais c’est encore exceptionnel. » L’ambition de l’alliance rouge-rose-verte qui dirige la capitale est que les deux courbes s’inversent au plus vite, au nom de la santé publique et de la lutte contre le dérèglement climatique.

Pour l’heure, le vélo est loin d’avoir détrôné l’automobile, surtout les jours de pluie. Cependant, la politique antivoiture de la gauche parisienne a déjà réduit sensiblement la circulation intra-muros. Le trafic automobile a baissé d’environ 45 % depuis l’élection de Bertrand Delanoë, en 2001. Et le mouvement se poursuit, alimenté par les mesures qui s’accumulent, même si l’opposition de droite renâcle. Depuis le 30 août, la vitesse est ainsi limitée à 30 km/h dans presque tout Paris. De même, une « zone à trafic limité » doit être mise en place dans le centre de la capitale, courant 2022, avec l’objectif d’y diviser par deux la circulation routière.

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En sens inverse, le vélo a amorcé son grand retour dans les rues de Paris. Depuis 2020, les confinements ont accéléré le phénomène, avec l’installation en urgence de 52 kilomètres de pistes cyclables temporaires. La fréquentation des pistes cyclables a bondi de 47 % en 2020, et de nouveau de 22 % en 2021. A présent, la maire socialiste Anne Hidalgo et ses alliés écologistes veulent encore amplifier le mouvement. Tel est le sens du « plan vélo » présenté jeudi par David Belliard, et soumis au prochain Conseil de Paris, à la mi-novembre.

Aboutir à un réseau d’équipements dense, sûr et pratique

La mairie a prévu d’y consacrer 250 millions d’euros en six ans. C’est 100 millions d’euros de moins que les 350 millions promis par Anne Hidalgo durant sa campagne électorale, en 2020. Mais, compte tenu des difficultés budgétaires de Paris, les écologistes redoutaient pire. Ils craignaient en outre que la maire ne veuille pas s’engager sur un plan pluriannuel, elle qui a renoncé en juin à présenter un programme d’investissement pour l’ensemble de la mandature. A l’issue de plusieurs mois de tractations, socialistes et écologistes ont fini par s’entendre sur cette enveloppe de 250 millions d’euros, inférieure aux promesses, mais supérieure aux 150 millions du « plan vélo » lancé durant le précédent mandat de Mme Hidalgo. Le vélo a visiblement été jugé prioritaire. Un marqueur politique. D’autres adjoints ne sont pas aussi satisfaits des arbitrages rendus ces dernières semaines.

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