A partir du 9 juin, les entreprises préparent l’allégement du télétravail

L’assouplissement du télétravail amorce, le mercredi 9 juin, un retour à la normale pour les salariés. Le télétravail participe toujours de « la démarche de prévention » contre le Covid-19, mais n’est plus la règle. Un jour, deux jours, trois jours sur site : les scénarios de rentrée sont aussi nombreux que les réponses des entreprises aux questions d’autonomie de travail, de mobilité territoriale et de santé des salariés. La fonction publique s’est déjà décidée pour trois jours de télétravail par semaine. Dans le privé, la tendance de fond dessine un retour très progressif et négocié, avec l’objectif de remobiliser tout le monde d’ici à la vraie rentrée de septembre.

Le nouveau protocole sanitaire, qui entre en vigueur le 9 juin, précise que chaque entreprise doit déterminer, par le biais du dialogue social, un nombre minimal de jours de télétravail par semaine pour les activités qui le permettent. La balle est donc dans le camp des entreprises. Elles ont carte blanche pour aller au-delà d’un jour de présence par semaine. Mais quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité, les premiers pas du retour sont feutrés et prudents. « Elles ont mesuré qu’elles auraient du mal à faire revenir les salariés. Certains ont peur, d’autres ont pris de bonnes habitudes à distance et sont installés dans une sorte de confort de télétravail. Elles n’envisagent un tour de vis important pour les faire revenir qu’à l’échéance de septembre », explique Aymeric Hamon, avocat associé de Fidal, un cabinet d’avocats d’affaires.

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Les négociations qui s’ouvrent avec les partenaires sociaux consistent à déterminer la présence des salariés sur site plutôt qu’un nombre minimal de jours télétravaillés, et pas forcément à partir du 9 juin. « On s’est positionné sur le 14 juin, car on planifie l’organisation en début de semaine. On vise à faire revenir les salariés au moins deux jours en présentiel, contre un actuellement, sur la base du volontariat. C’est une première étape, intermédiaire. Notre ambition est de passer à trois jours minimum au cours de l’été, mais tout dépendra de l’issue des négociations. Il faut rassurer les salariés sur le respect de la sécurité sanitaire. On va faire beaucoup de communication », témoigne Frédéric Gautier, le DRH Europe de Dassault Systèmes.

« L’été sera une période de transition »

Jusqu’alors, la présence des 4 000 salariés sur site était plafonnée à 20 % de l’effectif chez le spécialiste du logiciel, comme chez Alcatel-Lucent Enterprise, une organisation de taille intermédiaire (1 000 salariés) qui a décidé de ne rien changer jusqu’à la fin du mois de juin. « Le nouvel accord télétravail, qu’il soit régulier ou occasionnel, vient d’être négocié en décembre 2020 [plus de 1 000 accords de télétravail ont été négociés ou renégociés dans les entreprises depuis la crise liée au Covid-19], explique le DRH, Eric Lechelard. On ne va pas sauter à pieds joints sur la date du 9 juin. On a déjà annoncé aux partenaires sociaux qu’on maintiendrait le statu quo jusqu’à la fin du mois. L’été sera une période de transition avec une jauge proposée à 50 % de l’effectif. »

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