A Saint-Etienne, la transition écologique redonne vie à un quartier déserté

A deux pas de la préfecture et de la mairie, Rues du développement durable (RDD) a redonné vie à toute une partie du Crêt-de-Roc, quartier historique de Saint-Etienne. Cette structure a partagé l’affiche, avec une trentaine d’autres associations et coopératives, des premières Assises de la transition, réunies jeudi 23 septembre dans l’amphithéâtre de l’École d’architecture de Saint-Etienne (Loire). Ensemble, elles pèsent plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et couvrent des centaines d’emplois dans des domaines aussi divers que le numérique, l’alimentation, l’agriculture, la monnaie locale, l’électroménager ou la rénovation urbaine.

En dix ans, la rue Roger-Salengro s’est transformée à partir de l’idée simple, et pourtant inédite, des acteurs de Rues du développement durable : réhabiliter les rez-de-chaussée vacants. « Dans les années 2000, de nombreux commerces avaient déserté le quartier et des immeubles étaient abandonnés, à l’état de friches, explique Thomas Benoit, coordinateur de RDD. Malgré cela, des Stéphanois voulaient s’installer au Crêt-de-Roc, qui bénéficie d’une proximité avec le centre-ville, d’une histoire riche et d’une vie sociale dense. »

Foncière citoyenne

Posé sur l’une des sept collines de la ville, le Crêt-de-Roc a vu des passementiers s’installer en nombre pendant la révolution industrielle du XIXe siècle, contribuant à faire de Saint-Etienne une capitale du ruban et de ce quartier un vivier de culture ouvrière et militante. Mais il porte aussi les stigmates de la désindustrialisation, avec un taux de pauvreté élevé et de nombreux logements vides qui contribuent à dégrader l’espace public.

« En 2009, des habitants ont créé une foncière citoyenne pour racheter des rez-de-chaussée afin de les louer à des porteurs de projets, détaille Thomas Benoit. Avec comme conditions que ces projets répondent à la fois aux besoins des habitants du quartier et à des valeurs écologiques et sociales. » Grâce aux 23 000 euros déboursés par 63 personnes, la foncière citoyenne Crêt de Liens a pu voir le jour, associée à Rues du Développement durable, chargée de dynamiser et de gérer les rez-de-chaussée rachetés.

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« Le premier local a été loué à une cantine partagée, le Réfectoire, où chacun pouvait apporter des plats et cuisiner, et où les habitants venaient manger à midi, en payant la somme qu’ils voulaient », raconte Thomas Benoit. En 2022, pour faire face au succès rencontré et assurer son développement, c’est une autre association, la Cantine participative, qui animera ce lieu.

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