A Saint-Etienne, le jazz rayonne autour du Solar

Le musicien Laurent de Wilde, le 10 décembre 2018, à la Salle Pleyel, à Paris.

Une poignée de passionnés emmenés par Ludovic Murat, saxophoniste et président de l’association Gaga Jazz (le gaga est la langue locale des Stéphanois), a réussi son pari en cette rentrée : offrir à Saint-Etienne le premier club de jazz de son histoire. Le Solar sera inauguré samedi 25 septembre par son parrain, le pianiste Laurent de Wilde, en trio avec Bruno Rousselet (basse) et Donald Kontomanou (batterie), et vendredi 1er octobre par sa marraine, la batteuse Anne Paceo, qui jouera en quartet.

Le Solar prend place en plein centre-ville, dans un bâtiment rebaptisé La Comète

Le Solar prend ainsi place en plein centre-ville, dans le bâtiment qui a longtemps accueilli La Comédie, théâtre déplacé en 2017 en périphérie de la ville. Rebaptisé La Comète et financé pour moitié par la ville, l’ensemble flambant neuf accueille aussi une école de l’oralité, une autre de musique, des cours de théâtre, un point information jeunesse et une salle de 650 fauteuils.

Le Solar n’est pas tout à fait le premier club de jazz de Saint-Etienne : le très swing chef Pierre Gagnaire, compositeur inspiré au piano de cuisson, fou de Chet Baker et de Miles Davis, a animé les années 1980 stéphanoises. Pour décorer le restaurant qui l’a lancé sur la piste aux étoiles, Pierre Gagnaire avait choisi une encyclopédie du jazz, Daniel Humair (batteur, peintre, gastronome). Le restaurant associé au Solar aura lui aussi ses jam-sessions les lundis.

« Un large public »

« Nous voulons attirer un large public, et c’est aussi pour cela que l’on programmera une grande diversité de styles », souligne Ludovic Murat, dont l’association gère le club. Il rappelle que le jazz avait déjà su trouver son public au temps de la Maison de la culture, inaugurée en février 1969, avec Porgy and Bess. « On pouvait écouter Stan Getz, Dizzy Gillespie ou Michel Petrucciani dans une salle de 1 200 places », souligne-t-il. Puis la Maison de la culture est devenue Opéra en 2007. Et le jazz a disparu de la scène officielle stéphanoise.

Pierre Fargeton, guitariste et essayiste : « Le format de la salle est idéal. Le jazz est avant tout une musique de club »

Créée en 2004, l’association Gaga Jazz a alors organisé des concerts de caves en cafés, puis certains dimanches sur la scène de musiques actuelles Le Fil. Le jazz s’est aussi vu attribuer un département au conservatoire régional de musique (cours d’instruments, d’arrangement et de big band) et un poste d’enseignant-chercheur à l’université Jean-Monnet. Il est occupé par Pierre Fargeton (guitariste, arrangeur, essayiste), qui se réjouit de l’ouverture du Solar. « C’est une très bonne nouvelle pour les musiciens, pour le public et pour la ville, commente-t-il. Le format de la salle est idéal. Le jazz est avant tout une musique de club. » Avec son Trinkle Jazz Ensemble, Pierre Fargeton vient de publier un CD produit par Gaga Jazz (Red, Hot & Blue Cole).

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