A travers le monde, les banques centrales commencent à resserrer leur politique monétaire

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, à Francfort (Allemagne), le 9 septembre.

Le vent de la politique monétaire est, semble-t-il, en train de tourner dans le monde occidental. Après avoir largement soutenu les économies face à la pandémie de Covid-19, en rabaissant les taux à zéro – voire à des niveaux négatifs –, et en lançant de grands programmes d’achats de dette, l’heure est à l’évocation d’un resserrement.

Jeudi 23 septembre, la banque centrale de Norvège a écrit une page d’histoire en devenant la première à augmenter son taux depuis le début de la crise sanitaire (de 0 % à 0,25 %). Le même jour, Jerome Powell, le président de la Fed américaine, évoquait aussi le durcissement de sa politique monétaire. S’il n’est pas question d’une hausse des taux aux Etats-Unis, la réduction du programme d’achat d’actifs, actuellement de 120 milliards de dollars (103 milliards d’euros) par mois, « pourrait bientôt être justifiée ».

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Lundi 27 septembre, Andrew Bailey, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, laissait entendre qu’il était prêt à augmenter les taux, peut-être même avant la fin de 2021. Son programme d’achat d’actifs, lancé pendant la pandémie, se termine à la mi-décembre. « Si c’est approprié, [une hausse des taux] n’a pas besoin d’attendre la fin de l’actuel programme d’achat d’actifs. »

Interrogations sur l’inflation

Il reste cependant une exception à cette grande tendance : la Banque centrale européenne (BCE). Mercredi 29 septembre, un séminaire virtuel, organisé par l’institution de Francfort, a illustré cette divergence. Face à M. Powell et à M. Bailey, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a reconnu que sa politique monétaire européenne était différente. « Nous ne partons pas du même point et nos niveaux d’inflation sont différents », a-t-elle justifié.

Quand la pandémie a éclaté, début 2020, la BCE procédait en effet déjà à des achats d’actifs et son taux directeur était de – 0,5 %, contrairement à la Fed et à la Banque d’Angleterre, qui avaient alors mis fin à leurs programmes d’intervention sur les marchés – lancés après la crise financière de 2008 – et augmenté leurs taux. Dix-huit mois plus tard, ces différences ressurgissent.

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L’inflation en zone euro (3 % en août) est nettement inférieure à celle des Etats-Unis (5,3 %). Dans ce contexte, au cours de la dernière réunion de son conseil des gouverneurs, le 9 septembre, la BCE n’a marqué qu’une très légère inflexion, continuant ses achats de dette (environ 100 milliards d’euros par mois) à un « rythme modérément plus faible ». Elle a laissé entendre que le vrai tournant pourrait être annoncé lors de sa réunion de décembre.

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