A Valenciennes, PicNic adopte le « modèle du laitier d’autrefois » pour la livraison de courses à domicile

Dans un centre de distribution de PicNic, à Utrecht (Pays-Bas), le 7 décembre 2020.

Les camionnettes électriques blanches qui sillonnent, depuis fin avril, les rues de Valenciennes (Nord), trois fois l’après-midi et jusqu’en milieu de soirée, pour déposer des sacs de provisions devant les maisons et les pieds d’immeubles, sont l’un de ces nouveaux objets urbains apparus au printemps 2021 qui promettent de révolutionner la manière d’approvisionner les villes.

A ceci près qu’ici, dans le Valenciennois, il n’y a pas de livreur à vélo, sweat et sac sur le dos, prêt à décoller dans la seconde pour apporter en dix minutes chrono, ici, de la mozzarella, là, les bières et chips de la soirée, ou là encore, le lait du petit dernier, comme c’est désormais possible à Paris, Berlin, Londres, Istanbul ; et bientôt, dans toutes les métropoles, espèrent la multitude de start-up qui ont décidé de miser sur le créneau de la livraison express à domicile.

« Des routes déjà déterminées »

Cette camionnette-là, conduite, ce vendredi de début septembre, par Juliette, étudiante en langue des signes, semble en réalité prendre l’exact contre-pied de cette folle course à l’immédiateté. Chez PicNic, on ne livre pas dans le quart d’heure, mais à l’heure ; pas le jour même, mais le lendemain. Voire un autre jour, au choix. On ne multiplie pas les allers-retours. Les tournées, de deux heures chacune, sont organisées en amont pour que chaque quartier soit desservi une à deux fois par jour, mais pas davantage.

Valenciennes, qui compte quelque 60 000 foyers, a servi de ville-pilote

Le modèle, c’est celui du « laitier d’autrefois », résume la petite équipe chargée de développer en France ce concept né à Amersfoort, aux Pays-Bas, en 2015, et étendu à l’Allemagne depuis 2018. « Lorsque vous commandez des sushis, si votre voisine a la même idée, deux personnes se déplacent à quelques minutes d’intervalle dans votre quartier. Là, on ne passe qu’une seule fois », explique Grégoire Borgoltz, chargé de la distribution et de la croissance de PicNic en France.

« On n’alloue pas un mode de transport à une commande, sur l’idée du taxi, complète Adèle Cadario, qui occupe sensiblement les mêmes fonctions. La logique est celle du bus, avec des routes déjà déterminées. » « On fait le pari de livrer gratuitement aux prix les plus bas », ajoute M. Borgoltz, en imaginant qu’une camionnette qui dessert quinze adresses limite aussi les déplacements en ville.

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Côté organisation, tout repose sur un supermarché 100 % numérique et une chaîne logistique pensée en termes de flux, et non de stock. Un grand entrepôt en périphérie, qui alimente des petits hubs positionnés au plus près des centres et d’où s’opère la livraison dite « du dernier kilomètre », remplace les magasins. Valenciennes, qui compte quelque 60 000 foyers, a servi de ville-pilote.

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