Accident sur un chantier SNCF à Massy : l’enquête requalifiée en homicide involontaire contre X

Des pompiers interviennent sur les lieux de l’accident à la gare de Massy-Palaiseau, le 25 juillet 2021.

L’accident avait provoqué un vif émoi des syndicats de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et bloqué le trafic des trains pendant plusieurs heures entre Paris et le Sud-Ouest. Les investigations sur la mort d’un ingénieur SNCF, enseveli le 25 juillet par l’éboulement d’un puits de forage à proximité des voies sur le chantier d’un pont près de la gare de Massy-Palaiseau (Essonne), ont été requalifiées par la justice, jeudi 21 octobre.

L’instruction, qui avait d’abord été ouverte pour « recherches des causes de la mort », a été requalifiée, le 30 août, en enquête pour « homicide involontaire contre X » et pour « infractions délictuelles au droit du travail », a annoncé le parquet d’Evry (Essonne).

« Dangerosité du secteur ferroviaire »

Cette requalification a été motivée par les premiers retours d’expertises, a précisé une source judiciaire. Au lendemain de l’« affaissement de terrain lors d’une tournée sur le chantier » qui a causé la mort de l’ingénieur, les syndicats de la SNCF avaient tous exprimé leur « émotion » et alerté sur « la dangerosité du secteur ferroviaire ».

« La sécurité des personnels et des circulations doit demeurer une priorité absolue. Cela passe par une maîtrise publique du réseau, avec des personnels formés et appliquant des règles strictes de sécurité », avait rappelé la CGT-Cheminots, qui avait promis de « mettre tout en œuvre pour que la lumière soit faite sur les circonstances » du drame.

L’UNSA-Ferroviaire avait pour sa part « exigé que des enseignements soient tirés » de l’accident et FO-Cheminots avait averti qu’il « suivr[ait] de près les conclusions des enquêtes en cours » ainsi que « les mesures qui devr[aient] être prises » pour « éviter de tels drames ».

Contactée par l’Agence France-Presse, la direction de la SNCF a refusé de commenter cette affaire au motif que la procédure est en cours.

La victime était cadre et pilote d’opération à la direction de la modernisation du réseau. Le président-directeur général du groupe, Jean-Pierre Farandou, avait fait part de sa « vive émotion » et présenté ses condoléances « au nom de l’entreprise ». Cet accident mortel avait entraîné l’interruption du trafic des TGV le dimanche en fin d’après-midi, jour du drame, entre la gare de Paris-Montparnasse et le Sud-Ouest. Le trafic n’était revenu à la normale que le lundi matin.

Le Monde avec AFP