« Afghanistan, les marchands des vallées », sur France 5 : à la rencontre de chauffeurs intrépides et d’une hirondelle

Sur « Les Routes de l’impossible »… en Afghanistan, avec les marchands des vallées.

FRANCE 5 – VENDREDI 6 AOÛT À 20 H 50 – DOCUMENTAIRE

Une route en terre qui culmine à 5 000 m d’altitude, des camions surchargés qui frôlent un ravin : le danger, accentué par la mise en scène à suspense, constitue l’ADN de la série documentaire Les Routes de l’impossible, dont la nouvelle saison débute ce soir. Comme si cela ne suffisait pas, le retrait anticipé d’Afghanistan des troupes de l’OTAN et des militaires américains, qui devrait s’achever fin août, place le premier épisode, consacré à l’Afghanistan, au cœur de l’actualité.

Il en exacerbe aussi l’intérêt, en donnant à voir le quotidien d’habitants difficiles à approcher, éprouvés par trente années de conflits, mais qui refusent de baisser les bras. « Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas le printemps de revenir », ont-ils coutume d’affirmer. Dans le pays montagneux, où le rail est très peu développé et l’avion beaucoup trop cher, les camions constituent souvent le seul moyen d’approvisionnement, particulièrement pour les habitants des villages enclavés du Nord-Est. Les caméras vont suivre plusieurs chauffeurs.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Afghanistan, les talibans aux portes du pouvoir

Parmi eux, Azathoula, le plus pittoresque, avec son Bedford tuné, recouvert de fresques, de dessins, de boiseries colorées, à l’intérieur comme à l’extérieur. Une œuvre d’art qui lui permet de transporter jusqu’à 17 tonnes de bananes depuis Islamabad, au Pakistan. Le plus ancien également, avec trente-cinq ans de métier, qui lui permettent d’affirmer que toutes les époques ont en commun les check-points et le racket qui va avec – sans pour autant les contester : Azathoula tient à la vie.

Check-points et racket

Ici, le danger est permanent. Sur une autre route, une équipe de tournage sera ainsi contrainte de faire demi-tour. Le transporteur pourra, lui, acheminer sa cargaison, également de primeurs. L’Afghanistan importe en effet 90 % des fruits et légumes qu’il consomme, les agriculteurs préférant cultiver du pavot, bien plus rentable.

A Bamiyan, cité mémorable où les Talibans ont détruit deux bouddhas géants au printemps 2001, le téléspectateur fait connaissance avec un autre conducteur : Ali Assan. Devenu maître dans l’art d’imbriquer, avec le sourire, marchandises et passagers dans son minibus Toyota, avant de partir à l’assaut des montagnes « en toute sécurité », rassure-t-il, alors qu’il n’est pas assuré.

Les caméras se laissent entraîner par une jeune femme, Freshta, qui survit dans l’une des cavités de la falaise de Bamiyan avec sa famille… « Vivre dans une grotte n’est pas normal », dit-elle, en anglais. Fait rare, son père l’a autorisée à faire des études, ce qui lui permet, à 25 ans, d’être institutrice tout en étudiant à l’université. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, Freshta laisse espérer un avenir moins obscur.

Afghanistan, les marchands des vallées, de Paul Comiti (Fr., 2021, 49 min), premier des quatre inédits diffusés jusqu’au 27 août sur France 5. Suivi de Mauritanie, les convoyeurs du désert.