Agnès Hurstel : « Je suis touchée par les gens qui font des blagues pour se protéger »

Agnès Hurstel lors de la remise des Topor d’Or 2018, événement conçu et réalisé par Jean-Michel Ribes, prix de l’inattendu du spectacle vivant au Théâtre du Rond-Point, le 9 avril 2018, à Paris.

Rencontre ponctuée de rires avec la créatrice de la sitcom Jeune et Golri, diffusée à partir de jeudi 2 septembre sur OCS, à l’occasion du festival Séries Mania où la série était présentée dans la catégorie compétition française.

L’histoire de « Jeune et Golri », qui met face à face une petite fille et sa très jeune belle-mère, sent le vécu… Quelle est la genèse de la série ?

A 25 ans, je suis tombée amoureuse d’un garçon qui avait une chatte. Je suis donc devenue belle-mère d’une chatte qui me haïssait et que je haïssais, qui a vomi sur moi la première fois que j’ai dormi chez le garçon en question… Je la détestais et c’est pourtant devenu ma meilleure pote, ma fille chérie. Au début j’appelais mon père pour me plaindre, et il m’a répondu très justement : « ma chérie, ça pourrait être une fille de 8 ans qui te déteste, alors estime-toi heureuse parce que le chat, il va mourir à un moment. »

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Pourquoi ne pas avoir gardé l’histoire du chat ?

Faire tourner une enfant trois heures par jour sous pandémie mondiale, ce n’est pas simple, peut-être que faire tourner un chat aurait été plus facile ! En termes de dramaturgie, ça m’intéressait de mettre en scène une petite et une grande, Jeune et Golri est une espèce de buddy movie, de Dumb and Dumber entre Prune et Alma. J’avais besoin d’une mini-Prune, d’un miroir inversé. Prune pense qu’elle est systématiquement la plus jeune, quand elle rencontre Alma, elle devient enfin la vieille de quelqu’un.

Entre la petite Alma, Francis, les parents de Prune, « Jeune et Golri » est une série transgénérationnelle. Vous vouliez que la série s’adresse à tout le monde ?

Oui. Je suis persuadée qu’il faut écrire des comédies populaires. Non seulement c’est la seule chose que je sais faire, mais je veux faire ça tous les jours ! A chaque âge correspondent des personnages en chantier, qui sont en échec à un endroit de leur vie et ont besoin de la rencontre avec l’autre pour se réparer et se réveiller. C’est ça qui me touche. Au contact de Francis, Prune va grandir ; Francis va se réveiller au contact de Prune ; Alma va enfin redevenir une enfant… C’est cette idée de réparation que je trouve belle dans les histoires d’amour.

Je suis touchée par les gens qui font des blagues pour se protéger. C’est ça, le stand-up : des gens qui montent sur scène tous les soirs pour raconter des blagues sur des sujets qui leur nouent le ventre.

Quelles sont vos influences en matière d’humour ?

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