Alain Coulombel : « La dispersion des forces de gauche et écologiste est au mieux irresponsable, au pire dangereuse »

Tribune. Nous vivons depuis deux ans une pandémie dont nous connaissons les causes : la perte de la biodiversité, l’emprise humaine sur les espaces naturels, le commerce d’animaux sauvages, la métropolisation de nos territoires ou encore le développement des échanges et des communications dans le monde. Tout indique que nous sommes en face d’une des multiples manifestations d’un processus plus large de délitement de nos sociétés thermo-industrielles.

En effet, cette crise ne fait qu’annoncer d’autres sorties de route. Peut-être sommes-nous d’ailleurs déjà sortis ? Hors cadre, hors limite, comme emporté par la tragédie de la démesure. Mégafeux en Californie, dôme de chaleur au Canada, inondations en Europe, vague de chaleur au Groenland provoquant une fonte massive des glaces. Nous vivons au rythme de la catastrophe sérielle, mêlant les ruptures technologiques aux effondrements financiers ou aux catastrophes écologiques et le Covid-19 n’est à cet égard qu’un amplificateur et un révélateur.

Cet été une équipe internationale de 11 000 chercheurs nous a avertis : « La crise climatique (…) s’accélère plus vite que ne le pensaient la plupart des scientifiques. Elle est également plus grave que prévu, menaçant les écosystèmes naturels et le sort de l’humanité. » Les catastrophes s’enchaînent à un rythme de plus en plus rapide et avec une intensité de plus en plus grande.

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Face à cette situation, le déni continue à caractériser les choix des responsables politiques et économiques, comme si les catastrophes actuelles et à venir n’impliquaient que de simples ajustements. Alors que depuis plus de trente ans, les scientifiques nous alertent, rien ne semble entamer la croyance de l’expertocratie politique en un modèle de société fondé sur le productivisme-consumérisme : les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, l’extractivisme à être subventionné, le solutionnisme technoscientifique encouragé et les délires mégalomaniaques des Elon Musk et consorts, exaltés. Faut-il que nous ayons perdu toute boussole pour ne pas voir le décalage entre cette réalité de nature catastrophique et la modestie des politiques publiques en cours ?

Transformation écologique et sociale

En entrant dans cette décennie critique, nous savons que le temps nous est compté. Les échéances électorales de 2022 sont à cet égard une étape que nous ne pouvons pas rater afin de mettre au plus vite en œuvre un projet de transformation écologique et sociale qui assume l’urgence de la situation, la conflictualité avec le capitalisme et la décroissance nécessaire.

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