Alain Weill achève son retrait d’Altice Média en pleine période de questionnements pour BFM-TV et RMC

Alain Weill, alors PDG de SFR-Altice, à Paris, le 11 avril 2019.

Une page se tourne pour Alain Weill. L’artisan de la résurrection de RMC (ex-Radio Monte-Carlo) et créateur de nouvelles chaînes de la télévision numérique terrestre (BFM-TV et ses déclinaisons) cessera de présider Altice Media (NextRadioTV) et SFR le 1er juillet prochain. « J’ai envie de retrouver mon autonomie. Je devais rester quatre ans après la vente de mon groupe à Patrick Drahi, cela a duré six ans. La transition s’est faite en douceur », indique ce grand professionnel de la télévision, qui a reçu 250 SMS, jeudi 24 juin, de la part des salariés, et d’ailleurs.

« C’est un moment émouvant », reconnaît Marc-Olivier Fogiel, directeur général de BFM-TV, recruté en 2019. « C’était prévisible. Mais c’est la fin d’une belle aventure pour les historiques », corrobore Hedwige Chevrillon, animatrice sur BFM Business, entrée dans le groupe il y a une quinzaine d’années. Voilà un moment qu’Alain Weill s’était éloigné de la gestion quotidienne, même s’il participait encore à des réunions hebdomadaires avec Marc-Olivier Fogiel et Arthur Dreyfuss, son successeur. En 2019, après avoir redressé l’opérateur SFR, le plus gros actif d’Altice, Patrick Drahi, son fondateur, avait décidé de s’attaquer à Altice Media.

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Début 2020, il en avait changé le casting et progressivement écarté la plupart des cadres du comité exécutif. « Il fallait s’intégrer dans les systèmes comptables, financiers, etc., d’Altice. Je ne me suis rien vu imposer », justifie Alain Weill, également nommé PDG de SFR en novembre 2017, en parallèle de ses fonctions audiovisuelles. « Le plus dur, c’est le jour où j’ai cédé l’entreprise. Ce jour-là, vous savez que les règles changent », concède-t-il. En 2016, il vend 37 % de NextRadioTV à Patrick Drahi pour 216 millions d’euros. En 2018, il achète des titres Altice, qui lui vaudront un jackpot de 126 millions d’euros en janvier 2021, au moment du retrait de la Bourse de l’entreprise.

« Ils ont écarté le seul visionnaire »

Parler d’alliance de la « carpe et du lapin » entre Alain Weill et Patrick Drahi ne paraît pas incongru, tant leurs styles différaient. Au premier, la « construction raisonnable », décrit un proche, d’un groupe audiovisuel grappillant des parts d’audience patiemment ; au second les décisions en forme de feu d’artifice virant parfois aux pétards mouillés, à l’image des six chaînes sport de SFR devenues RMC Sport et promises à une réduction de voilure lorsque le groupe a perdu les droits de la Ligue des champions, à la fin 2019.

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