Antoine Waechter, Roselyne Bachelot, Alain Carignon… Le bal des revenants

L’écologiste Antoine Waechter, le 18 mars 2019, à Paris.

2021 : Antoine Waechter reverdit sur le tard

En 1988, la première – et dernière – fois qu’il s’est présenté à la présidentielle, récoltant 3,8 % des voix, Emmanuel Macron était encore collégien. Antoine Waechter, l’un des cofon­dateurs des Verts, en 1984, a annoncé, le 15 septembre, sa candidature à l’élection présidentielle pour « affirmer ce qui fait l’identité de la pensée écologiste, au-delà de la droite et de la gauche ». Il a ignoré la primaire d’EELV, trop ancrée à gauche selon lui. Mais certains voyants sont plutôt au rouge pour le revenant de 72 ans : en 1995 et en 2017, il a échoué à réunir les 500 parrainages nécessaires.

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2020 : Roselyne Bachelot se dédit pour la culture

La ministre de la culture Roselyne Bachelot, le 6 juillet 2020, à Paris.

Elle était catégorique : la politique, plus « jamais ». « J’ai pris cette décision bien avant 2012, j’en avais fixé l’échéance et je respecte en général mes engagements », déclarait Roselyne Bachelot face à Laurent Ruquier en 2017. Depuis la défaite de Nicolas Sarkozy contre François Hollande, elle avait donc troqué ses casquettes de ministre et de députée contre celles de chroniqueuse télé ou radio et partageait son goût pour l’art lyrique. A l’été 2020, en pleine crise due au Covid-19, elle accepte, à 73 ans, de devenir ministre de la culture. Un peu du monde d’avant dans celui d’après.

2019 : Alain Carignon revient au pied des Alpes

L’ancien maire de Grenoble, Alain Carignon.

Jeune « rénovateur » de la droite à la fin des an­nées 1980, ministre de Chirac, puis de Balladur et maire de Grenoble de 1983 à 1995, Alain Carignon semblait s’être brûlé les ailes avec sa condamnation, en 1996, à cinq ans de prison et cinq ans d’inéligibilité pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins. Fin 2019, à 70 ans, il annonce sa candidature, « pas très raisonnable », aux municipales de Grenoble. Il propose de déménager l’hôtel de ville dans un HLM et d’organiser les JO au pied des Alpes. Pas d’envol dans les urnes : avec tout de même 23 % des voix, il est battu par le sortant, le Vert Eric Piolle.

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2015 : Bernard Tapie s’avance et puis recule

Bernard Tapie, le 25 octobre 2016, à Paris.

Juste avant Noël, Bernard Tapie l’annonce en « une » du Journal du dimanche : « Je reviens en politique. » Tout juste condamné, début décembre 2015, dans l’affaire du Crédit lyonnais, l’ancien homme d’affaires et éphémère ministre de la ville (1992-1993), détaille son « plan Tapie 2016 ». Il prône l’interdiction du chômage des jeunes et assure qu’il va remettre un rapport à des parlementaires. Est-ce en raison de ses déboires judiciaires, de ses problèmes de santé ou des réticences de son épouse exprimées dans le JDD ? L’annonce ­restera sans lendemain.

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2006 : Alain Juppé passe du Québec à Bordeaux

L’ancien premier ministre et maire de Bordeaux, Alain Juppé, le 13 octobre 2006, à Bordeaux.

Et s’il avait choisi l’exil pour mieux revenir ? En 2004, condamné en appel à un an d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, Alain Juppé part enseigner à Montréal. Mais l’ex-premier ministre ne tourne pas longtemps le dos à la politique. Il retrouve, dès 2006, son fauteuil de maire de Bordeaux. En 2007, Nicolas Sarkozy en fait son ministre de l’écologie. Un portefeuille qu’il lui faut lâcher, après son échec aux législatives. En 2011, Alain Juppé revient comme ministre des affaires étrangères. Cinq ans plus tard, il est battu par François Fillon lors de la primaire de la droite. La fin de ses ambitions nationales.