Apocalypse, vie conjugale, chirurgien tueur : notre choix de séries

LA LISTE DE LA MATINALE

Cette semaine, deux poids lourds et un polar médical plus léger ouvrent officiellement la rentrée des séries. Dès ce vendredi 10 septembre, Arte met en ligne l’intégralité d’Anna, la deuxième série signée Niccolo Ammaniti après l’étonnante Il miracolo. Il faudra en revanche patienter jusqu’au 13 pour découvrir le premier épisode du très attendu remake de Scènes de la vie conjugale, par Hagai Levi. Entre-temps, les abonnés à StarzPlay (re)découvriront tout le talent de Joshua Jackson, principal atout de Dr Death, disponible à partir du 12.

« Anna » : une odyssée post-apocalyptique filmée à hauteur d’enfant

La puissance narrative et le souffle qui traversent les six épisodes d’Anna – et qui la placent très largement au-dessus de la plupart des séries de la rentrée – rendent d’autant plus étonnant le fait que la série n’ait reçu aucun prix au festival Séries Mania de Lille, qui a fermé ses portes le 2 septembre. Il n’en faut pourtant pas beaucoup pour se laisser captiver par l’histoire de cette toute jeune adolescente – campée avec un mélange d’aplomb et de douceur par Giulia Dragotto – à la recherche de son petit frère, enlevé par une bande d’enfants sauvages dans un monde dont les adultes, frappés par une étrange maladie, ont totalement disparu.

Adaptation par Niccolo Ammaniti du roman dystopique dont il est lui-même l’auteur (sorti chez Grasset en 2016), Anna confirme, après Il miracolo, le talent de l’écrivain italien pour la mise en scène et la direction d’acteurs – y compris les moins de 15 ans. Prenant pour décor les paysages rugueux d’une Sicile coupée du reste du monde, Ammaniti filme la fin annoncée de l’espèce humaine à travers les yeux d’enfants dont la violence et le sadisme n’ont d’égal que leur volonté de survivre. Evitant soigneusement le pathos, le cynisme et les clichés sur l’enfance, Ammaniti partage un regard singulier, sombre mais profondément empathique, sur la condition humaine et le drame que constitue sa finitude. Un coup de poing dans le ventre. Audrey Fournier

Anna, série créée et réalisée par Niccolo Ammaniti. Avec Giulia Dragotto, Alessandro Pecorella, Clara Tramontano, Giovanni Mavilla, Roberta Mattei, Elena Lietti (It., 2021, 6 × 45 min). En intégralité sur Arte.tv à partir du 10 septembre.

« Scenes from a Marriage » : cinquante ans après Bergman, ce qui reste de la vie conjugale

C’est pour répondre à une demande de Daniel Bergman, fils d’Ingmar, que Hagai Levi s’est lancé dans cette folle entreprise, l’adaptation des Scènes de la vie conjugale. Réalisé en 1972, l’original fut d’abord une série en six épisodes diffusée l’année suivante par la télévision publique (et aussitôt rendue responsable de l’explosion du nombre de divorces observée à ce moment-là) avant d’être un (très) long-métrage. Un demi-siècle après, ou presque, que reste-t-il de l’institution patriarcale qui enfermait et séparait Liv Ullmann et Erland Josephson ? Tout et rien, répond le créateur de BeTipul (l’original d’En thérapie) et de The Affair, au fil de cinq épisodes qui dessinent le tableau d’un couple hétérosexuel du XXIe siècle tout en élaborant un commentaire pertinent et mélancolique de l’œuvre de Bergman.

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