Apple ne veut pas voir d’autres magasins d’applications que le sien sur ses iPhone

Attaquée par les autorités de la concurrence, la marque vante les vertus de son modèle qui protégerait davantage les utilisateurs.

Le sideloading, vous connaissez? Il s’agit de la possibilité d’installer un deuxième magasin d’applications sur son smartphone, autre que celui prévu par le constructeur ou le système d’exploitation d’origine. Les autorités de la concurrence de plusieurs pays européens et d’États américains trouvent l’idée intéressante. Ce serait le moyen de relancer la concurrence dans les App Store et de faire venir de nouveaux entrants sur un marché dominé par Apple et Google. Et par là même, d’inciter les deux géants américains à revoir le système des commissions appliquées aux achats via ces magasins. Spotify, Epic Games (l’éditeur de Fortnite notamment) et Tinder ont pris la tête de la rébellion.

Apple ne l’entend pas de cette oreille. Le groupe est vent debout contre le principe du sideloading et pas seulement pour des raisons commerciales. Certes, le développement de cette pratique le priverait de millions de dollars de commissions. Mais Apple préfère mettre en avant les risques portés par la pratique, particulièrement en termes de respect de la vie privée, mais aussi de protection des données bancaires.

Chasse aux applications pirates

Le groupe de Tim Cook est passé à l’offensive et dresse la liste des risques que ferait encourir à ses utilisateurs le sideloading. Il multiplie les démonstrations. Par exemple, l’option «demander l’autorisation d’achat» mise en place par Apple ne fonctionne que dans son propre magasin d’applications. Cette option, destinée aux familles dont les membres ont des appareils Apple et qui ont configuré le partage familial, permet à un parent d’acheter une application pour un enfant et ensuite de limiter ou d’interdire les achats dans l’application. Un moyen d’éviter que la facture flambe lorsque le (ou la) petit dernier achète sans compter des nouvelles couleurs pour son avatar préféré dans un jeu…

Autre exemple fournit par Apple, celui des applications pirates, des copies d’applications existantes. Il s’agit d’applications qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à des apps populaires. Apple se targue d’en faire la chasse au sein de son magasin d’applications, grâce à ses systèmes de contrôle et d’approbation, alors que ce n’est pas le cas dans le cadre d’un sideloading. Résultats, les consommateurs se trouveraient confronter à des apps pirates, avec le risque de se voir contraint de payer pour récupérer leurs photos ou d’autres contenus personnels de leur terminal.

Avec ces exemples, Apple veut mettre en avant le niveau de protection élevé qu’il offre à ses clients – et qui a un coût- et l’opposé à ce qui se ferait dans un monde moins contrôlé, ou du moins, échappant à sa vigilance.

Deux camps s’opposent dans ce débat, à l’échelle mondiale. D’un côté Apple qui se veut le défenseur de la protection de la vie privée de ses utilisateurs et de l’autre, des éditeurs d’applications qui aimeraient plus de souplesses dans les conditions d’utilisation pour introduire davantage de concurrence dans un marché dominé par Apple. Les deux-tiers des 111 milliards d’achats réalisés dans des applications en 2020 dans le monde (in app purchase) ont été faits depuis un iPhone, alors qu’Apple ne détient que 15,9% du marché des smartphones. Cet écart explique la nervosité de certains éditeurs d’application, soucieux d’aller chercher la valeur là où elle se trouve.