Apple repousse la mise en place de son mécanisme de protection de l’enfance, après les critiques sur son danger pour la vie privée

Prévus comme des expérimentations, ces mécanismes de protection de l’enfance devaient être déployés à l’automne, et uniquement aux Etats-Unis.

Apple a annoncé retarder pour une durée indéterminée la mise en place d’outils de protection des mineurs vivement critiqués, a révélé vendredi 3 septembre le site spécialisé 9to5Mac. Leur déploiement était prévu avant la fin de l’année.

Le 5 août, le constructeur californien avait annoncé l’arrivée prochaine de nouveaux outils pour iPhone, Mac, iPad et Apple Watch, pour protéger les utilisateurs mineurs de ses produits et détecter les contenus à caractère sexuel impliquant des enfants et adolescents.

Un premier mécanisme, intégré à tous les appareils, devait analyser les photos que les utilisateurs souhaitaient mettre en ligne sur iCloud, son service d’hébergement de données en ligne, pour s’assurer qu’elles ne correspondent pas à des contenus pédopornographiques identifiés par les autorités. Cet outil permettrait notamment à Apple de signaler aux organisations de protection de l’enfance les utilisateurs possédant de telles images.

Un deuxième outil, intégré à la messagerie iMessage, scruterait en direct les photos envoyées et reçues par des utilisateurs mineurs et flouterait toute image identifiée comme étant à caractère sexuel, tout en adressant un message de prévention à l’enfant concerné, et lui proposant d’avertir ses parents.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pourquoi l’outil de détection de la pédopornographie d’Apple fait polémique

Vives critiques

« En nous appuyant sur les retours de nos clients, de chercheurs et de groupes militants, nous avons décidé de prendre plus de temps au cours des mois à venir pour chercher des conseils supplémentaires et apporter des améliorations à ces outils de protection de l’enfance avant de les déployer », a expliqué l’entreprise vendredi, dans un communiqué envoyé à 9to5Mac.

De nombreuses organisations de protection de la vie privée, mais aussi des chercheurs en sécurité informatique, ont vivement critiqué les annonces d’Apple, estimant que ces outils ouvraient la porte à de graves abus pour la vie privée des clients du constructeur américain. Pour nombre d’opposants à ces mécanismes, intégrer de tels outils directement sur les iPhone, iPad et ordinateurs Mac permettrait à des gouvernements de faire pression sur Apple pour que l’entreprise scanne également des contenus politiques, et espionne, par exemple, des opposants.

Prévus comme des expérimentations, ces mécanismes de protection de l’enfance devaient être déployés à l’automne, et uniquement aux Etats-Unis, en même temps que les grandes mises à jour logicielles des appareils Apple, comme iOS 15 et Mac OS Monterey.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Apple accusé d’ouvrir la porte à une surveillance des contenus privés