Après avoir renoncé en 2020, Covéa repart à l’assaut du réassureur bermudien PartnerRe

Ces changements de pied ne sont pas si fréquents dans le monde des affaires. Le leader français de l’assurance dommages Covéa, qui possède les mutuelles MAAF, MMA et GMF, se décide à nouveau à racheter, pour 9 milliards de dollars (7,7 milliards d’euros), le réassureur bermudien PartnerRe à Exor, la holding financière de la famille italienne Agnelli (actionnaire de Stellantis). Le mutualiste a annoncé, jeudi 28 octobre, dans un communiqué la signature d’un « memorandum of understanding », l’acquisition étant prévue au cours du premier semestre 2022.

Le groupe français avait déjà jeté une première fois son dévolu sur ce réassureur, et signé un accord équivalent avec Exor le 3 mars 2020. Entre-temps, la pandémie et ses conséquences sur l’économie mondiale étaient venues perturber l’opération. Après avoir tenté de renégocier le prix d’acquisition à la baisse, Covéa avait renoncé deux mois plus tard, s’acquittant au passage d’une indemnisation « inférieure à 100 millions d’euros » pour les frais engagés par PartnerRe. Les liens entre les deux groupes s’étaient cependant renoués au travers d’investissements en commun.

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Ambitions internationales

Le patron de l’assureur mutualiste, Thierry Derez, a toujours voulu développer son groupe à l’international, le jugeant trop hexagonal. « Voilà plusieurs années que nous nous intéressons à la réassurance, car nous n’avons plus de ­potentiel de développement en France, explique régulièrement le PDG de Covéa. En dommages, nous sommes le premier assureur ; en assurance-vie, la faiblesse des taux ne nous incite pas à aller de l’avant, et, dans la santé, nous ne voulons pas être un simple complément de la Sécurité sociale. » L’une des possibilités « aurait été de planter des drapeaux par acquisition un peu partout dans le monde, mais c’est risqué, et très peu d’assureurs ont réussi. L’autre piste est de se développer dans la réassurance. C’est ce que nous avons choisi », précisait Thierry Derez dans un entretien au Monde voici deux ans. De plus, il estime que la frontière entre réassurance et assurance a tendance à s’atténuer. D’où l’idée de s’inspirer du modèle de l’assureur allemand Talanx, qui possède le troisième réassureur mondial Hannover Re.

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Avant de convoiter le groupe bermudien, M. Derez a tenté, en vain, de mettre la main en août 2018 sur le français Scor, dont il était le premier actionnaire, avec 8,2 % du capital. Cette tentative fut un fiasco. Les deux champions de la finance française se sont livrés pendant près de trois ans à une guerre sans merci, qui s’est soldée, en juin dernier, par un règlement au détriment de l’assureur mutualiste – un accord transactionnel permettant à Thierry Derez et à Covéa d’éviter le procès pénal.

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