Après la Berlinale, le festival espagnol du film de Saint-Sébastien opte pour des prix d’interprétation non genrés

Après le festival du film de Berlin, la Berlinale, c’est au tour du Festival international du film de Saint-Sébastien, dans le nord de l’Espagne, de « dégenrer » ses prix d’interprétation pour sa 69e édition qui se déroulera du 17 au 25 septembre. C’est une première, afin de saluer avant tout la performance des acteurs, au-delà des catégories masculine et féminine.

La coquille d’argent (concha de plata), principale récompense de la compétition, du meilleur acteur et de la meilleure actrice sera ainsi remplacée cette année par des prix de la meilleure interprétation et du meilleur second rôle, sans distinction de genre, ont déclaré les organisateurs.

« Ce changement naît de la conviction que le genre, une construction sociale et politique, n’est plus un critère à suivre pour attribuer des prix d’interprétations, a déclaré le directeur du festival, José Luis Rebordinos. Le critère pour le jury sera de distinguer les bonnes et les mauvaises interprétations. »

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« Le genre n’est plus un critère »

La 71e édition de la Berlinale avait cette année déjà était marquée par des prix d’interprétation non genrés. Deux femmes avaient été récompensées pour la meilleure interprétation dans un premier rôle et dans un second rôle.

« Ne pas séparer les prix d’interprétation en fonction du genre envoie le signal d’une sensibilité accrue de l’industrie du cinéma aux questions de genre », déclarait le duo de directeurs de la Berlinale. La décision répondait à une revendication portée par les actrices et acteurs trans et non binaires. En 2017, la star de la série Billions, Asia Kate Dillon, réclamait déjà des Emmy Awards non genrés. Sans succès.

Reste que la décision de la Berlinale avait pu faire l’effet d’un simple ravalement de façade, alors que seuls 38 % des films en compétition étaient réalisés par des femmes. Certains font aussi valoir que les prix non genrés ont tendance, dans une société inégalitaire, à favoriser les hommes.

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En dépit du Covid-19 et de certaines restrictions susceptibles de se poursuivre, le festival a l’intention d’augmenter le nombre de projections et le nombre de places assises dans les cinémas par rapport à l’année dernière, et espère pouvoir retrouver un peu d’esprit glamour sur le tapis rouge.

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Le Monde avec AP