Arnaud de Montlaur, le leveur de fonds que la droite s’arrache

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Publié aujourd’hui à 02h13, mis à jour à 02h14

Assis à la terrasse du café Le Concorde, à deux pas de l’Assemblée nationale, il salue, jovial, les passants du quartier, ces Parisiens du cossu 7e arrondissement, qu’il semble tous connaître. Après avoir hélé l’un d’eux pour l’inviter à venir dîner « bientôt à la maison », il se retourne et glisse : « Vous l’avez reconnu ? C’est Frédéric Mitterrand. » Arnaud de Montlaur a l’entregent naturel. C’est à ce titre que François Fillon lui avait confié, à l’automne 2015, la tâche de lever des fonds pour sa campagne en vue de la présidentielle de 2017.

Depuis plusieurs semaines, il est convoité par les états-majors des candidats de droite et d’extrême droite. « On me fait des appels du pied, raconte-t-il. Eric Zemmour m’a appelé dès cet été. Puis j’ai été contacté par les équipes de Valérie Pécresse, de Xavier Bertrand, de Michel Barnier. » Jusqu’à l’été dernier, il s’était rangé aux côtés de Bruno Retailleau, le patron des sénateurs Les Républicains (LR), un temps candidat à la présidentielle avant de renoncer, à la fin du mois d’août. « J’ai compris qu’il n’y aurait pas de primaire ouverte. J’ai beaucoup déçu Arnaud, relate Bruno Retailleau, mais cela n’a pas affecté notre amitié. »

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Une amitié scellée par leur fidélité totale à leur champion, François Fillon, lâché de toutes parts au plus fort de la campagne, après les révélations sur les soupçons d’emploi fictif de son épouse. Finalement, Arnaud de Montlaur a choisi, début octobre, de rouler pour Michel Barnier. Il aime sa « chouette détermination », sa « belle connaissance de l’Europe », et voit en lui une continuité avec François Fillon. « C’est un très beau point qu’il n’ait jamais quitté LR, le parti va y être sensible », ajoute-t-il. Et Zemmour ? « Peu de gens de mon entourage le soutiennent. Il est très axé autour d’un mono-sujet, les Arabes. »

Une petite note rédigée sur les subprimes

Arnaud de Montlaur est entré un peu par hasard dans le petit monde de la politique. L’aristocrate de province, né à Vichy dans l’Allier, aujourd’hui propriétaire de l’exploitation agricole de son père, a quitté le domaine familial à 18 ans pour Paris. Il ne rejoint pas les bancs de la fac, mais entre, après un stage à la Bourse, à la criée du Palais Brongniart. D’abord commis d’agent de change, il devient opérateur de marché lorsque le métier s’informatise, à la fin des années 1990.

Père de trois enfants, installé à 500 mètres de l’Assemblée nationale, il aime à se dire aussi à l’aise avec ses amis motards qu’avec un vieil aristocrate de province. Il occupe un poste de tradeur chez Dexia lorsque frappe la crise financière de 2008, qui verra la banque franco-belge faire faillite.

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