Arnaud Robinet : « L’efficacité de l’action publique doit rimer avec proximité »

Tribune. 34 965 : ce nombre impressionne nos voisins européens. Il correspond au nombre de maires et, donc, de communes de France. Il consacre le rôle de maire comme un aménageur de notre territoire, en prise directe avec le quotidien des Français, et comme bâtisseur de notre avenir commun. La fonction politique de premier magistrat de la commune, ancrée dans l’histoire de nos Républiques successives, est la plus populaire aux yeux de nos concitoyens. Les raisons en sont multiples, mais elles ont une constante : toute politique déclinée sur le territoire ne l’est efficacement que quand elle est portée et mise en œuvre au plus près des Français.

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Ces dernières décennies, un mouvement technocratique profond, sous prétexte d’efficacité de l’Etat, a crié haro sur les communes et leurs maires : trop petites dans une cartographie de villes-mondes, pas assez puissantes dans un contexte de management des affaires publiques, pas suffisamment aptes à conduire le changement. En résumé : dépassées les communes, ringards leurs maires. Pourtant, à la mesure des crises successives, la dernière en date avec le Covid-19, les maires ont démontré qu’ils étaient sur tous les fronts, efficaces, tout à la fois relais, forces de propositions innovantes et concrètes aux quatre coins du pays.

Réconcilier les élus

Le centralisme à la française, la concomitance du mandat de député avec celui de président de la République, l’interdiction du cumul des mandats, l’arrivée de néoparlementaires issus de la société civile qui n’ont jamais été aux affaires locales… n’ont fait qu’accentuer cette distance entre un Etat désincarné et des communes insuffisamment considérées depuis Paris.

L’élection présidentielle qui arrive doit permettre de réconcilier élus locaux et nationaux, pour redonner du sens et de l’efficacité à l’action publique, qui doit rimer avec proximité. C’est à nous, maires, présidents d’intercommunalités, élus locaux de tous les bords, de faire entendre la voix du terrain en demandant aux futurs candidats de se positionner sur quelques idées et propositions fortes, qui seront ensuite soumises au vote souverain des Français.

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J’en lance ici quelques-unes : rendre obligatoire l’exercice d’un mandat local avant d’être élu député, sénateur, ministre, voire président de la République ; réformer le Sénat pour en refaire une Chambre représentant les collectivités avec des élus municipaux, intercommunaux, départementaux et régionaux ; prévoir une étude d’impact « opérationnelle » pour chaque projet de loi qui recueillerait l’avis des maires sur l’application territoriale des réformes, obliger les membres de la haute fonction publique d’Etat à servir dans la fonction publique territoriale pendant une période, de même pour les agences d’Etat ; prévoir des contrats locaux d’action publique, signés entre le préfet et les communes, pour expérimenter la prise de compétences au niveau du territoire communal.

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