Art-O-Rama, un grand bol d’art avant la reprise

15e édition du salon international d’art contemporain Art-O-Rama, à Marseille.

Le dernier week-end d’août, il était tentant de « méditerraner » encore un peu avant la rentrée. Ce verbe transitif imaginaire, titre d’une exposition à la Friche de la Belle-de-Mai, à Marseille, se conjuguait aussi du vendredi 27 au dimanche 29 août à l’occasion de la 15e édition du salon international d’art contemporain Art-O-Rama. Après l’annulation de 2020, les retrouvailles ont donc été savourées du côté des galeristes (une grosse trentaine dans la section principale, surtout européens) comme de celui des collectionneurs et des curieux dans cette petite foire axée sur la scène émergente et aux prix accessibles.

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C’est une première participation pour Ceysson & Bénétière, qui a choisi de transformer son stand en salle de projection pour présenter une vidéo de Pugnaire & Raffini. « C’est une belle occasion, après une année sans foires ou presque, de nous remettre en selle avant la FIAC, indique Maëlle Ebelle, l’une des directrices. Mais la grande valeur ajoutée d’Art-O-Rama, ce sont les deux semaines d’ouverture façon exposition qui suivent le salon. C’est un énorme avantage pour faire mieux connaître nos artistes, et que les gens aient le temps de regarder. »

Paysages afghans abstraits

Miroir involontaire à l’actualité brûlante, la jeune galerie moscovite Osnova montrait des photographies de paysages afghans abstraits, alors même que l’écosystème artistique marseillais est mobilisé pour l’accueil de familles afghanes, porté par l’association L’Atelier des artistes en exil et le Mucem. Ces images sont le fruit d’un travail de reconstitution du russe Mikhail Tolmachev à partir des mémoires d’un jeune soldat russe traumatisé par une guerre qui fut le « Vietnam soviétique ».

Toute jeune structure fonctionnant comme une coopérative d’artistes, NVS a été lancée il y a quelques mois par une douzaine d’amis de Buenos Aires, à Lisbonne. « La pandémie nous a séparés, et nous avons eu envie de trouver un moyen de travailler de façon solidaire, avec un capital minimal », précise l’Argentin Gabriel Chaile. Pour leur première foire, ils présentent le travail de trois d’entre eux, entre sculptures, peintures et installations.

« On adore l’énergie et le format de cette foire. On y vient très régulièrement, car il s’y passe toujours des choses intéressantes, avec des ponts entre les structures du Sud pour les collectionneurs, de la Fondation Carmignac à Arles. Marseille est au centre de toutes ces dynamiques », formule Antoine Laurent, de la galerie Fabienne Leclerc (Romainville), qui présente le travail de quatre artistes, dont des corps-paysages chevelus de We Are The Painters.

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