Art Paris 2021, une édition régionale et cosmopolite

Les précédentes éditions d’Art Paris se tenaient au Grand Palais, jusqu’à la fermeture du musée pour travaux.

Première foire à inaugurer le Grand Palais éphémère conçu par Jean-Michel Wilmotte sur la pelouse du Champ-de-Mars, Art Paris ouvre sa 23e édition qui regroupe 140 galeries d’art moderne et contemporain. Guillaume Piens a pris la direction artistique de la foire en 2012, avec la volonté de sortir « des autoroutes de l’art contemporain pour explorer les nationales et les départementales ».

Si elle a longtemps été boudée sinon méprisée par la jet-set et la frange supérieure du marché de l’art international, l’irruption de la pandémie a rendu cette formule gagnante : étant l’une des rares foires qui se sont tenues physiquement en 2020, au mois de septembre, elle a vu arriver des galeristes prestigieux frustrés de ne pouvoir exposer ailleurs, dont Emmanuel Perrotin, qui y a rencontré un tiers de nouveaux clients parmi ses acheteurs. Il renouvelle donc l’expérience cette année, rejoint par bon nombre de ses homologues. Il semble bien qu’Art Paris, la foire qu’il était de bon ton de détester, ait franchi le plafond de verre.

« Galeries prestigieuses »

« Nous bénéficions de plusieurs facteurs favorables, analyse Guillaume Piens. D’abord ce nouveau lieu, spectaculaire, que nous sommes la première foire à utiliser, incarne le renouveau de Paris, on peut même parler de renaissance, tant en termes de marché que d’offre culturelle et, tout simplement, de réputation. Ensuite, on salue l’arrivée de galeries prestigieuses, Thaddaeus Ropac, Kamel Mennour, Massimo de Carlo, Continua, Almine Rech, Frank Elbaz… Je me réjouis aussi du retour de marchands qui ont été longtemps absents, comme la Galerie Lelong ou Suzanne Tarasieve. Et cela sans pour autant sacrifier notre ouverture à des galeries moins visibles, émergentes ou situées en province. »

Guillaume Piens, directeur artistique d’Art Paris : « Nous souffrons moins que nos collègues orientés vers les collectionneurs internationaux des restrictions de voyage »

Ces dernières sont une quinzaine, et leur présence est importante : Art Paris est la seule foire qui leur donne une visibilité nationale et internationale, répondant au désir de Guillaume Piens de faire une rencontre à la fois régionale et cosmopolite. Car on trouve aussi des exposants venus de loin : un Guatémaltèque, un Uruguayen, un Colombien, un Coréen… La proportion est de 30 % de galeries étrangères et de 70 % de françaises, ce qui est l’inverse de la FIAC.

« Ce mélange, plaide Guillaume Piens, nous permet d’échapper au formatage et de montrer à nos visiteurs des choses qu’ils ne voient pas ailleurs. Et nous souffrons moins que nos collègues orientés vers les collectionneurs internationaux, asiatiques ou américains par exemple, des restrictions de voyage. Nos visiteurs étrangers viennent davantage de pays frontaliers, comme la Suisse ou la Belgique. »

L’édition de 2020 a été un énorme succès de vente. Nathalie Obadia, pour ne citer qu’elle, y avait réalisé l’un de ses meilleurs chiffres d’affaires dans une foire. Cela s’est su : deux mois après la fermeture de la précédente édition, celle-ci avait déjà fait le plein d’exposants. Nouveaux, pour 40 % d’entre eux. Qu’en sera-t-il de 2021 ? « Je suis confiant, assure Guillaume Piens, et même plus : une galerie m’a confié avoir déjà vendu, sur réservations, la quasi-totalité de son stand deux jours avant l’ouverture de la foire… »

Art Paris, Grand Palais éphémère, Paris 7e. Du 9 au 12 septembre, de 12 heures à 20 heures (21 heures le vendredi). Entrée 25 € (30 € le samedi et le dimanche). Artparis.com/fr.