Assister à un concert masqué et diagnostiqué négatif ne génère pas de surrisque d’infection

Lors du concert-test du 29 mai 2021, à l’AccorHotels Arena de Paris.

La preuve est faite pour les scientifiques. Se rendre à un concert masqué, en ayant été diagnostiqué négatif auparavant, et danser aux rythmes de musiciens sur scène, sans distanciation physique, ne présente pas plus de risque que de rester chez soi ou d’aller boire un verre avec des amis dans un café le soir. C’est le résultat, attendu depuis plusieurs semaines, de l’expérimentation qui a abouti au concert d’Indochine, samedi 29 mai, à l’AccorHotels Arena de Paris, révélé jeudi 8 juillet.

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Selon l’étude du nom de « Spring – AP-HP » (pour « Study on prevention of SARS-CoV-2 transmission in a large indoor gathering event ») menée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, il n’existe pas de risque de surinfection par le virus dans un concert en configuration debout, en pleine jauge, dans une salle fermée. Le samedi 29 mai, 3 917 personnes, âgées de 18 à 45 ans – la moyenne d’âge était de 27 ans, avec 58 % de femmes –, ont assisté au concert du groupe de rock Indochine durant près de trois heures, avec une première partie assurée par le DJ Etienne de Crécy. Tous étaient masqués et avaient été diagnostiqués négatifs dans les soixante-douze heures précédant l’événement. Dans le même temps, et c’est une des spécificités de cette expérimentation, 1 947 personnes, dans la même tranche d’âge et résidant aussi en Ile-de-France, testées dans les conditions similaires, ont intégré le protocole, sans se rendre au concert. Les près de 6 000 volontaires ont tous pratiqué un test salivaire le samedi matin, puis un nouveau test salivaire sept jours après l’événement.

Le résultat est net : pas de surinfection dans de telles conditions. « La taille de l’étude, la première aussi importante, permet d’affirmer que le risque a été le même dans et hors le concert », explique Constance Delaugerre, du service de virologie de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP), responsable de l’étude.

« Caméras intelligentes »

Le nombre de participants ayant été diagnostiqués positifs sept jours après le concert était de huit dans le groupe concert et de trois dans le groupe contrôle. Parmi les huit personnes ayant une PCR positive après l’événement, cinq étaient déjà positives le jour du concert et n’ont donc pas été contaminées durant celui-ci. Et le taux d’incidence des deux groupes, 0,20 % et 0,15 %, est sensiblement identique à ce qu’il était à cette période en Ile-de-France, soit 150 à 200 cas pour 100 000 durant les deux dernières semaines de mai. De plus, avec le port du masque, même si aucune distanciation physique n’était respectée, les cinq cas déjà porteurs du virus n’ont pas généré d’infection durant le concert.

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