« Astérix », la machine à cash d’Hachette Livre

Le scénariste et dessinateur français Jean-Yves Ferri, lors de la présentation du nouvel album « Astérix », à Vanves, le 11 octobre 2021.

Tous les deux ans, les aventures du petit Gaulois adepte de potion magique renflouent considérablement les comptes d’Hachette Livre. A l’image du gouverneur romain Gracchus Garovirus versant un immense tas d’or dans son coffre dans Astérix chez les Helvètes (scénario de René Goscinny, dessins d’Albert Uderzo, Dargaud, 1970).

Le trente-neuvième album, qui sort jeudi 21 octobre, Astérix et le griffon (écrit par Jean-Yves Ferri, dessiné par Didier Conrad, Albert René, 9,99 euros), ne dérogera pas à la règle. « Cet ouvrage fait l’objet d’un premier tirage à deux millions d’exemplaires en langue française et trois millions supplémentaires dans seize autres langues et dialectes », souligne Isabelle Magnac, directrice générale d’Hachette chargée des livres illustrés et des fascicules. Sans compter une édition luxe (13 000 exemplaires), un artbook (1 050 exemplaires) et une édition numérique.

Tous les points de vente de la planète mettent en place ce nouvel opus le même jour, selon une orchestration proche de celle des majors hollywoodiennes lors de la sortie d’un blockbuster. Pour éviter tout piratage, le dernier tome n’est pas envoyé préalablement à la presse, mais peut être consulté sur place quelques jours avant sa sortie. Face à une armée romaine partie en expédition capturer une créature mythologique mi-aigle, mi-lion, Astérix et Obélix viennent au secours d’un peuple d’Asie centrale, les Sarmates, qui vit dans un pays froid. « L’album se passe essentiellement dans la neige », a tout juste prévenu M. Ferri.

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Si la France reste le premier marché de cette bande dessinée, l’Allemagne figure en deuxiéme position, suivie par les Pays-Bas, puis l’Espagne. Hachette a repris les éditions Albert René en 2008, et, depuis, plus de 360 millions d’albums ont été vendus dans le monde entier. Ce qui en fait la BD la plus vendue de tous les temps.

Nombreux supports

« C’est une des très belles propriétés d’Hachette, le succès ne s’est pas démenti », concède Isabelle Magnac. Malgré la disparition de René Goscinny en 1977, les albums ont continué de se vendre comme des petits pains. Que les critiques soient louangeuses ou assassines, tous les deux ans ces albums ont toujours trouvé une place de choix sous le sapin de Noël. Astérix et le griffon est le premier album publié depuis le décès d’Albert Uderzo, le 24 mars 2020.

La zizanie et le long feuilleton judiciaire entre Sylvie Uderzo et son père faisant partie du passé depuis 2015, Hachette Livre se concentre sur le développement de cette lucrative licence. « Nous avons une gestion prudente, nous ne multiplions pas les projets pour conserver un phénomène de rareté », assure Isabelle Magnac.

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