Au Festival Séries Mania, l’actrice Audra McDonald récompensée par l’Etoile Award

Audra McDonald dans « The Bite », série produite par Robert et Michelle King.

C’est une diva. Pas tant parce qu’Audra McDonald, première récipiendaire de l’Etoile Award, récompense créée par Séries Mania pour célébrer une personnalité du monde des séries et fêter ses retrouvailles postpandémiques avec le public, ne s’est pas beaucoup montrée pendant le festival lillois, mais parce qu’elle aurait pu, si elle en avait eu le désir, chanter le grand Air de la Reine de la nuit sur la scène du Met. Elle a préféré Broadway et les studios. C’est peut-être en hommage à cette carrière opératique virtuelle qu’elle a choisi de donner ses interviews en vidéo depuis sa chambre d’hôtel lillois, et qu’elle n’a fait que passer au dîner donné en son honneur. C’est plus sûrement parce que la vedette de The Good Fight, et maintenant de The Bite, redoute le virus.

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Il y a de quoi, de toute façon, mais encore plus après avoir tourné The Bite, à New York, en 2020, en plein confinement. Produite par Robert et Michelle King, les créateurs de The Good Wife et The Good Fight, cette minisérie satirique et horrifique, qui imagine qu’un variant du virus transforme ses victimes en zombies, avait une noble raison d’être : « C’était avant le vaccin, avant la généralisation des tests, se souvient Audra McDonald. C’était le confinement, beaucoup d’équipes de télévision, de gens du théâtre passaient un mauvais moment, sans travail. Robert et Michelle se sont dit : “Et si on inventait une série qui permettrait de donner du travail aux gens du théâtre ?” »

Ces gens-là, ceux du théâtre, forment la communauté d’élection de la jeune Afro-Américaine qui a grandi à Fresno, ville plantée au milieu des interminables vergers de la grande vallée centrale de Californie, débarquée il y a plus d’un quart de siècle à New York pour chanter Rodgers et Hammerstein ou Sondheim sur les scènes de Broadway. Embarquée, à la suite d’un malentendu, dans un cursus de chanteuse classique à Juilliard, la prestigieuse école de musique, Audra McDonald a corrigé sa trajectoire et est devenue une étoile majeure du firmament théâtral de Broadway, collectionnant les Tonys (équivalents scéniques des Oscars) aussi bien pour ses performances dramatiques (dans A Raisin In The Sun, classique afro-américain de Lorraine Hansberry) que lyriques (pour Carousel, de Rodgers et Hammerstein). Subvertissant les attentes généralement associées aux interprètes noires, elle a imposé sa virtuosité vocale et s’est fait une place dans des classiques du théâtre musical jusque-là réservés aux artistes blanches.

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