Au plus haut depuis vingt et un ans, le CAC 40 bat son record de la bulle internet

Au siège d’Euronext, dans le quartier de La Défense, près de Paris, en novembre 2019.

Vingt et un ans ! Il aura fallu plus de deux décennies pour que le CAC 40 retrouve son zénith atteint le 4 septembre 2000. L’indice phare de la Bourse de Paris a établi mardi 2 novembre un nouveau record en clôture, à 6 927,03 points, près de 5 points de plus que le précédent. « Il était temps ! », ironise Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM. La place parisienne se comporte d’abord par mimétisme avec les marchés internationaux, dopés par les milliards de dollars déversés par les banques centrales et alimentés par la vive reprise économique après le choc des confinements liés au Covid-19. Et particulièrement Wall Street. Les principaux indices boursiers américains – Dow Jones, Nasdaq, riche en valeurs technologiques, et S&P 500 – évoluent eux aussi à des niveaux historiques.

Le CAC 40, qui a bondi de 24,79 % depuis janvier, se distingue toutefois par un certain dynamisme depuis quelques mois. « Après avoir misé sur les valeurs technologiques au début de l’année, les investisseurs ont joué les sociétés susceptibles de bénéficier de la reprise économique, comme celles du secteur du luxe, qui sont très représentées dans le CAC 40 », observe Alexandre Baradez, responsable analyses marchés chez IG. Un mouvement amplifié par les bons résultats semestriels des entreprises publiés ces derniers jours.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Les sociétés du CAC 40 dépassent leurs sommets de 2019

« L’indice a profité du rebond des valeurs du luxe après la baisse de la fin août, sur fond de crainte quant à la situation en Chine, un de leurs principaux marchés. Il a aussi bénéficié du retour en grâce du secteur de l’énergie, tandis que les valeurs bancaires ont été bien orientées », détaille John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud. Ce record intervient alors que la croissance française devrait se situer autour des 6,25 % en 2021, un niveau supérieur à celui de ses voisins européens.

De « bonnes surprises sur les résultats »

« Pour l’instant, ce sont toujours les bonnes surprises sur les résultats des sociétés qui portent le marché et, sur les derniers jours, un retrait des taux d’intérêt, notamment à long terme. En effet, après une forte poussée des anticipations d’inflation depuis plus d’un mois, celles-ci ont assez fortement reculé au cours des derniers jours », écrivait, mardi matin, Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez Banque postale Asset Management.

Cependant, on peut s’interroger sur le temps qu’il aura fallu à la Bourse de Paris pour retrouver ses plus hauts niveaux. Atteints alors que les valeurs technologiques, bénéficiant de ce qu’on appellerait un peu plus tard la « bulle Internet », pesaient lourd dans l’indice, les 6 000 points ne seront franchis que de façon éphémère en juin 2007. La crise des subprimes précipitera alors le CAC 40 vers les 2 500 points. Un plancher qu’il avait déjà touché après les attentats du 11-Septembre.

Il vous reste 56.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.