Au Printemps Haussmann, l’élégance a son sommet

Par Sophie Abriat

Publié aujourd’hui à 15h54, mis à jour à 15h55

Le 30 août 2021, dans le Pont d’Argent, au Printemps Haussmann, à Paris, du mobilier de présentation pour exposer les produits en vente.

Même sous le ciel brumeux de ce matin de septembre, la vue est à couper de souffle. D’ici, Paris semble à portée de main : l’Opéra Garnier, le Panthéon, la tour Eiffel, le dôme des Invalides, légèrement nimbés de brouillard. Dans quelques jours, cette terrasse panoramique qui surplombe le « magasin numéro 2 » du Printemps Haussmann dédié à l’univers de la Femme, sera ouverte pour la première fois au public.

Alors que les artisans mettent la dernière main à l’ouvrage, Ion Metulesco, directeur architecture, ingénierie et maintenance du Printemps, bouillonne d’impatience de voir les visiteurs prendre possession des lieux. « On n’avait jamais pu voir les rotondes d’angle en pierre de taille d’aussi près, on a l’impression qu’on peut les toucher ! Approchez-vous, venez voir, on distingue chaque détail : les mascarons en forme de tête de femme, les mosaïques et les dorures si caractéristiques. On lève un peu la tête et on admire leur dôme couronné de lanternons en forme de belvédère », s’enthousiasme-t-il.

Rien ajouter ni camoufler

Pour offrir un tel panorama, il a fallu libérer ce rooftop de 200 m2 jusqu’alors encombré de matériels techniques qui avaient peu à peu colonisé l’espace. Ils sont désormais camouflés dans un « couronnement » venant s’enrouler autour de la célèbre coupole Binet, du nom de son architecte, qui, avec sa jumelle, coiffe le toit. Son aménagement intérieur a également fait partie de ce vaste projet de réhabilitation.

A gauche, Ion Metulesco, directeur architecture, ingénierie et maintenance du Printemps, sur la terrasse panoramique. A droite, le Pont d’argent et sa moquette dont les motifs fleuris et bleutés ont été revisités par l’artiste Romain Froquet.

Au total, ce sont 1 300 m2 de verre, de zinc et de poutres Eiffel qui seront ouverts au public le 22 septembre – un espace magistral baptisé « 7Ciel », entièrement consacré à la mode circulaire (écoresponsable), où se côtoieront vêtements vintage ou issus de l’upcycling, objets de décoration de seconde main et cosmétiques bio et végans. Pour attirer une clientèle habituée à chiner et à revendre en ligne, le Printemps a sorti les gros moyens et a surtout misé sur la dimension patrimoniale des lieux.

« Les 3 000 vitraux de la coupole Binet ont été démontés pendant la seconde guerre mondiale pour les protéger des bombardements et placés par précaution dans un entrepôt qui a, ironie du sort, brûlé. » Xavier Gaudemet, chef de projets du grand magasin

Tout dans ce projet de rénovation, qui a duré neuf mois et mobilisé 170 ­artisans, vise à montrer que le Printemps est un lieu chargé d’histoire. Le décor est planté : permettre au client de faire son shopping dans une « cathédrale du commerce moderne », selon la formule d’Emile Zola dans Au bonheur des dames, loin d’un clic désincarné sur e-shop, et tout est bon pour le lui rappeler. Un mot d’ordre a guidé les équipes : laisser intactes les marques du temps, sans surtout rien ajouter ni camoufler. « C’est un parti pris, on a misé sur l’authentique, le vrai », fait valoir Ion Metulesco.

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