Aux Etats-Unis, déconvenue sur le front de l’emploi

A Hallandale, en Floride (Etats-Unis), le 7 octobre 2021.

C’est la douche froide, et elle n’était vraiment pas attendue : l’économie américaine n’a créé en septembre que 194 000 emplois, soit très loin des 500 000 espérés. Il s’agit de la deuxième déconvenue, après le chiffre d’août et ses 366 000 nouveaux emplois. On est loin du rythme de juillet, quand l’économie reprenait à pleine vapeur – dans l’espoir que le Covid-19 ne soit bientôt qu’un mauvais souvenir – avec plus d’un million de nouveaux emplois.

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Las, le variant Delta est passé par là. Il a brisé la reprise estivale, notamment dans les services, les loisirs et la restauration. Mais chacun escomptait un fort rebond à la rentrée, pour trois raisons principales : le reflux dudit variant Delta, la réouverture des écoles, dont la fermeture empêchait la reprise du travail de certains parents, notamment les femmes afro-américaines élevant seules leurs enfants ; et la fin des indemnisations fédérales de 300 dollars (260 euros) par semaine, arrivées à expiration début septembre. Ce rebond n’a pas eu lieu. Ainsi, 1 % des Américains ont été absents du travail pour raison de santé, contre 0,6 point habituellement, ce qui s’explique manifestement par la persistance du Covid. Les emplois dans la fonction publique ont reculé de 123 000, les écoles publiques ayant embauché mois de personnel (auxiliaires, chauffeurs, professeurs…) que d’habitude.

Pénuries de main-d’œuvre

« Les chiffres de l’emploi sont moins bons que ce que nous voudrions, mais meilleurs qu’il n’y paraît », explique Jason Furman, économiste à Harvard et ancien conseiller de Barack Obama. Il note que le chômage est « en forte baisse », celui des Noirs « encore plus » et que les salaires (hors inflation) sont « en forte hausse ».

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Le taux de chômage a effectivement baissé de manière sensible, passant de 5,2 % à 4,8 %. Joe Biden s’est saisi de ce chiffre habituellement peu observé (le débat américain se concentre sur les créations d’emploi) pour s’en réjouir et a insisté sur le fait que la barre des 5 % avait été cassée (à la baisse). Le président s’est voulu rassurant, en notant que l’enquête du ministère du travail s’était achevée mi-septembre, alors que la vague du variant Delta avait atteint son pic, et que le rebond a pu se produire après. Le nombre de chômeurs a décru de 700 000 personnes. Aujourd’hui, les statistiques nationales en recensent environ 7,7 millions.

Le pays reste toutefois en deçà des niveaux prépandémiques (3,5 % de chômage pour 5,7 millions de chômeurs en février 2020). Le taux de participation à l’emploi a, quant à lui, reculé de 63,3 % à 61,6 %, le pays comptant toujours 5 millions d’emplois de moins qu’avant la crise sanitaire. Alors que ce taux de participation était de 67% au début des années 2000, chacun s’interroge sur un possible changement de mentalité des Américains, qui ne seraient plus disposés à travailler à tout prix.

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