Aux Etats-Unis, la Fed prévoit un ralentissement de l’inflation à 2,2% en 2022

Le bâtiment de la Réserve fédérale américaine (Fed), à Washington DC, le 19 mars 2021.

L’inflation est là, mais elle est provisoire. Tel est le credo de la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale), qui ne cesse de revoir à la hausse ses prévisions en la matière pour 2021, tout en continuant de penser qu’elle va retomber légèrement au-dessus de son objectif de 2 % en 2022. Ainsi, l’institution présidée par Jerome Powell estime que l’augmentation des prix sera de 4,2 % en 2021 – une progression bien plus élevée que ce qu’elle prévoyait dans ses estimations du mois de juin (3,4 %). Toutefois, elle s’attend à un recul brutal à 2,2 % l’an prochain.

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La Fed a été prise de court par la force des tensions sur les prix. Ce sont les matières premières comme le bois et la pénurie de semi-conducteurs qui, par exemple, ont forcé les chaînes de production automobile à s’arrêter, provoquant l’envolée des prix des voitures d’occasion. A cela se sont ajoutés le bond des coûts du fret mondial, en raison de l’engorgement des ports chinois (mais également de l’ouest des Etats-Unis), et, désormais, la flambée des prix de l’énergie, alors que ceux du gaz naturel augmentent partout dans le monde.

La planète est confrontée à un choc d’offre, comme ce fut le cas avec les crises pétrolières de 1973 et 1979. Mais la banque centrale juge que ces phénomènes sont en cours de résorption, tandis que le marché immobilier s’est un peu calmé en août. Surtout, la Fed escompte que cela ne donnera pas lieu à une spirale inflation-salaires.

Pénurie de main-d’œuvre criante

La réalité n’est pas aussi limpide : entre août 2020 et août 2021, les salaires nominaux (hors inflation) horaires ont crû de 4,8 %. Ce chiffre élevé masque une baisse de pouvoir d’achat de 0,9 point du fait d’une hausse des prix à la consommation, estimée à 5,9 % par les statisticiens du ministère du travail. L’économie des Etats-Unis se trouve donc dans une situation d’autant plus délicate que les Américains refusent de retourner au travail (10,9 millions d’offres d’emploi pour 8,4 millions de chômeurs en juillet).

La pénurie de main-d’œuvre est criante, dans les secteurs de la santé et de l’aide à domicile, ainsi que dans l’hôtellerie-restauration et le commerce, qui s’adapte en numérisant les services. L’enjeu est de savoir si les Américains rejettent désormais les postes mal payés ou si le phénomène est passager. La Fed espère qu’il s’agit de la seconde hypothèse. Le chiffre de l’emploi a été particulièrement en deçà des attentes en août, avec seulement 235 000 postes créés contre 1,1 million en juillet. La contre-performance a été attribuée à la propagation du variant Delta, qui a brisé la saison estivale.

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