Aux Etats-Unis, la France va créer la Villa Albertine, une nouvelle résidence d’artistes, à l’automne

La Villa Albertine de San Francisco (Californie).

Le geste se veut symbolique, plus de trois cent cinquante ans après la fondation de l’Académie de France à Rome, devenue depuis la Villa Médicis. Vendredi 2 juillet, le gouvernement français devait annoncer la création, à l’automne, d’une nouvelle résidence d’artistes aux Etats-Unis, sa première sur le continent américain. Appelée Villa Albertine, elle ne sera pas implantée dans une seule ville mais disséminée dans dix métropoles (New York, San Francisco, Los Angeles, Chicago, Miami, Baltimore, La Nouvelle-Orléans, etc.) et accueillera chaque année soixante créateurs, chercheurs et professionnels de la culture, qui seront invités à confronter leur art et leurs pratiques aux réalités de la première puissance mondiale.

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« Comme l’Italie s’imposait au XVIIe siècle, la Villa Albertine prend acte d’une nouvelle géographie mondiale des arts et des idées, où les Etats-Unis jouent plus que jamais un rôle premier, mais où la France peut aussi gagner des positions », explique Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, qui aura la tutelle sur cette résidence déconcentrée, même si elle est cofinancée par le ministère de la culture. C’est la première fois depuis 1992, et l’inauguration de la Villa Kujoyama à Kyoto, que la France décide de créer une nouvelle résidence d’artistes à l’étranger. Une première antenne de la Villa Albertine avait été lancée à l’été 2020 à San Francisco.

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A la différence des trois autres Villas françaises existantes (Médicis à Rome, Kujoyama à Kyoto et Casa de Velazquez à Madrid), la Villa Albertine ne proposera pas à ses résidents de se retirer du monde pour créer, mais au contraire de les envoyer « hors les murs », de les immerger dans la vie quotidienne des Américains. « On ne va pas faire venir un artiste à New York pour qu’il s’enferme trois mois ou passe son temps avec d’autres Français. On va au contraire le plonger au cœur de la réalité, créer des rencontres, des échanges, des collaborations », explique Gaëtan Bruel, conseiller culturel de l’ambassadeur de France aux Etats-Unis, Philippe Etienne, et premier directeur de la Villa Albertine. C’est aussi pour cette raison que la résidence sera disséminée dans dix villes, « pour être au plus près du terrain dans un pays-continent ».

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Concrètement, chaque résident sera accompagné par un membre des services culturels de l’ambassade de France, qui lui organisera son séjour, lui trouvera les meilleurs interlocuteurs, lui fixera ses rendez-vous. « L’objectif est de faire du sur-mesure, de s’adapter au projet de chaque artiste », explique-t-on. Quinze programmes d’accompagnement professionnel (danse, littérature, design, théâtre, etc.) vont être par ailleurs créés à destination des résidents mais aussi d’autres créateurs ou entrepreneurs, qui viendront ponctuellement y participer. Objectif : leur permettre de mieux comprendre le marché américain de la culture et les aider à le pénétrer.

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