« Aux manettes » sur France 5, en tête à tête à Matignon avec Edouard Philippe

Louis Philippe, alors premier ministre, dans son bureau à Matignon.

FRANCE 5 – DIMANCHE 4 JUILLET À 20 H 50 – DOCUMENTAIRE

Pour un documentariste passionné par la politique et l’exercice du pouvoir, obtenir le feu vert du premier ministre et se voir accorder de fréquentes visites à Matignon durant trois ans, agrémentées de tête-à-tête plus ou moins longs avec le chef de l’exécutif, est une opportunité exceptionnelle. De cette permission accordée par Edouard Philippe, son vieux copain de prépa rencontré à la fin des années 1980 à Paris, Laurent Cibien a fait bon usage. Long de presque trois heures, son nouveau documentaire, passionnant, plonge au cœur de l’exercice du pouvoir.

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Des images parfois baroques, presque décalées, prises dans le calme des jardins de Matignon, entre canards gambadant et petit robot électrique tondant la pelouse dans un silence plus royal que républicain. Et soudain s’échappant d’un bureau des rires, la voix de Piaf, de Brassens, les riffs de Dire Straits ou des Pink Floyd… Un premier ministre à l’aise face caméra et doté d’un sens de l’humour évident. Puis, au fil du temps qui passe et des crises à gérer, se révèlent les stigmates d’un job exténuant sur le visage de plus en plus marqué d’un premier ministre qui, à plusieurs reprises, ne cachera rien de sa fatigue.

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Échanges fructueux

Cibien et Philippe se connaissent bien et ne partagent pas les mêmes opinions politiques. Mais entre le « gauchiste », comme Edouard Philippe surnomme son ancien camarade en souriant, et l’homme politique de droite rallié au macronisme émergent, respect mutuel et humour partagé permettent des échanges fructueux. Un constat que l’on avait pu noter lors de la diffusion en 2016 et 2018 des deux premiers épisodes de leur projet commun intitulé Edouard, mon pote de droite. Projet né lors des retrouvailles entre les deux hommes qui s’étaient perdus de vue depuis de longues années. Laurent Cibien, devenu grand reporter, allait suivre au plus près la carrière politique du prometteur, mais peu connu à l’époque, Edouard Philippe. Seule limite : ne pas filmer la famille.

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Le premier épisode sera consacré à la campagne municipale de 2014 au Havre. On y découvre un candidat Philippe capable d’avoir du recul sur les événements. Sans modestie excessive : élu avec 52 % des voix, il lance à son copain : « Il va être bien ton film ! » Le deuxième volet racontait les primaires de la droite et du centre en 2016, la campagne menée par Philippe, proche soutien d’Alain Juppé, favori croyait-on. Retour sur terre après le choix de François Fillon comme candidat à l’Elysée… « Deux ans et demi de ma vie se terminent par une défaite. Mais j’ai bien aimé faire cette campagne, j’ai appris plein de trucs ! », lançait à la fin du film le futur premier ministre.

Troisième étape, Matignon. Un nouveau défi pour Laurent Cibien. Comment continuer à filmer son ami avec les mesures de sécurité draconiennes et l’emploi du temps dément qui vont avec sa nouvelle fonction ? C’est Edouard Philippe qui, une dizaine de jours après sa nomination, propose à Cibien de lui rendre visite toutes les trois semaines Rue de Varenne, pour une conversation en tête à tête.

Le résultat est à la hauteur des espérances. De juin 2017 à début juillet 2020, de crise en crise – réforme des retraites, gilets jaunes, coronavirus… –, on suit un premier ministre jonglant entre réunions, déplacements, repas pris sur le pouce avec ses proches collaborateurs, rares moments de détente… Trente-six mois au cœur du pouvoir. Comme disait Edouard Philippe en souriant face à la caméra, quelques jours après son arrivée à Matignon : « Quelle histoire ! »

Edouard, mon pote de droite. Documentaire de Laurent Cibien. Episode 3 « Aux manettes ». France 5

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