Avec ABBA, aux origines du succès mondial de la pop suédoise

Les statues de cire de Björn Ulvaeus, Agnetha Fältskog, Anni-Frid Lyngstad et Benny Andersson, dans le musée consacré au groupe, à Stockholm, en 2015.

C’est une tradition suédoise : quand le leader d’un parti politique quitte ses fonctions, les chefs de file des autres formations lui offrent un cadeau de départ lors du dernier débat au Parlement. Le patron des sociaux-démocrates, Stefan Löfven, qui a démissionné de son poste de premier ministre, passe la main début novembre.

Le 15 septembre, il a donc eu le droit à quelques surprises : une saucisse épicée de la part de l’extrême droite, un billet de train venant des Verts, un kit de crème brûlée offert par les centristes… Et deux billets pour le concert d’ABBA à Londres, en juin 2022. Ce cadeau des conservateurs a visiblement beaucoup plu à Stefan Löfven. « Cela me touche vraiment, et je pense qu’Ulla [son épouse] est aussi contente que moi », a-t-il balbutié, ému.

« Miracle musical »

ABBA : quatre initiales pour Agnetha, Björn, Benny et Anni-Frid. Le groupe le plus emblématique de la musique suédoise. Celui par qui tout a commencé et dont les Suédois aiment à répéter que ses tubes ont placé leur royaume « sur la carte du monde ». Quarante ans après avoir tout arrêté, ABBA revient avec un nouvel album, Voyage, le 5 novembre. Deux titres ont été dévoilés début septembre. Ils ont déjà été écoutés plus de 15 millions et 26 millions de fois sur la plateforme de streaming – suédoise – Spotify.

Pour comprendre la place qu’occupe ABBA au panthéon de la chanson suédoise, direction le Musée ABBA à Stockholm. Ouvert en 2013, il est devenu une des principales attractions touristiques de la capitale suédoise. Les fans peuvent y retrouver les costumes flamboyants du groupe, leurs disques d’or, d’argent et de platine, monter sur scène avec les hologrammes des quatre artistes…

La visite se termine sur le Swedish Music Hall of Fame : un hommage à tous ceux qui ont suivi et participé à ce qu’en suédois on appelle le « svenska musikundret » – le « miracle musical suédois ». Parmi eux : Roxette, Ace of Base, Europe, Neneh Cherry et son demi-frère Eagle-Eye Cherry, The Cardigans, Dr. Alban, Robyn, Lykke Li, The Hives, Avicii, Swedish House Mafia, Zara Larsson… Tous Suédois, même s’ils chantent la plupart de leurs tubes en anglais.

Seuls McCartney et Lennon ont fait mieux

Il y a aussi le très discret Max Martin, de son vrai nom Karl Martin Sandberg, né le 26 février 1971 à Stenhamra, une bourgade de 4 000 habitants à l’ouest de Stockholm. Baby One More Time (Britney Spears), c’est lui. Lui aussi : I Kissed a Girl (Katy Perry), Bad Blood (Taylor Swift), Can’t Feel my Face (The Weeknd), Can’t Stop the Feeling ! (Justin Timberlake)…

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