Avec « Au suivant », Guillermo Guiz soigne ses névroses sur scène

Guillermo Guiz, à Paris, en septembre 2020.

L’humour, catharsis de l’angoisse existentielle ? Assurément oui, avec Guillermo Guiz. « Est-ce que je vous ai parlé de l’enterrement de mon père ? », interpelle l’humoriste belge à peine arrivé sur scène. Son père est mort en 2008, et lui, le fils unique, avait tenté, pour la première fois, d’écrire un texte un tantinet drôle pour détendre l’atmosphère. A cette époque, Guillermo Guiz s’appelait Guy Verstraeten et n’était pas encore le stand-upeur belge auteur d’un premier one-man-show introspectif, Guillermo Guiz a bon fond, et devenu chroniqueur dans « La bande originale », de Nagui, sur France Inter.

A bientôt 40 ans, cet ancien footballeur, journaliste et manageur de boîte de nuit bruxelloise prouve, avec son nouveau spectacle (le deuxième), intitulé Au suivant, qu’il a enfin trouvé sa voie. Bientôt huit ans que cet enfant du quartier populaire d’Anderlecht, à Bruxelles, élevé seul dès l’âge de 3 ans par son père, a choisi l’humour pour panser ses blessures, pour dévoiler ses failles avec une autodérision libératrice. L’âge aidant, ce célibataire s’interroge sur une éventuelle paternité, sur sa capacité à élever un enfant. Alors, forcément, il revisite ce que lui a légué son père. Grâce à ce fil rouge de la transmission, Guillermo Guiz, à l’allure juvénile de beau gosse, au débit de mitraillette et à l’accent belge attachant, parvient à embarquer le public dans des souvenirs autobiographiques hauts en couleur et dans des questionnements habiles sur la virilité et la masculinité.

Art de l’autodérision

Son père, chômeur endurci, aimant l’alcool et les cigarettes, détestait les curés, était bourré de certitudes – « Ne pisse pas pendant un orage, tu vas t’électrocuter » – et donnait des conseils foireux – « Epouse ta meilleure amie. » « C’est drôle, ce que tu gardes de l’enfance, reconnaît Guillermo Guiz. Mon père a été nickel, il m’a laissé une grande marge de progression, et, si j’ai des enfants, il y a de la place pour qu’ils me dépassent ! »

En rendant hommage à son père, Guillermo Guiz laisse affleurer sa sensibilité sans renier son côté « roi de la vanne » ni son goût pour l’absurde

Mais voilà, côté relations amoureuses, Guillermo Guiz a grandi dans une société qui acceptait que les célébrités collectionnent les femmes comme des objets ou que Serge Gainsbourg propose en direct à Whitney Houston de la « baiser ». « Les codes changent et, pas de chance, c’est sur moi que ça tombe. J’essaie de m’adapter, mais, parfois, ça va trop vite », lâche-t-il dans un humour noir savamment dosé.

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