« Avec la disparition de Jean-Paul Belmondo, la France perd l’un de ses acteurs majeurs » : l’hommage unanime du monde culturel et politique

Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, lors de l’inauguration du musée Paul-Belmondo à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), en septembre 2010.

Les hommages et réactions unanimes se sont multipliés à l’annonce, lundi 6 septembre, de la mort de l’acteur Jean-Paul Belmondo, immense figure du cinéma français, à l’âge de 88 ans. « Il était très fatigué depuis quelque temps. Il s’est éteint tranquillement », a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) son avocat, Michel Godest.

Pour le président de la République, Emmanuel Macron, Jean-Paul Belmondo était ainsi « un trésor national, tout en panache et en éclats de rire, le verbe haut et le corps leste, héros sublime et figure familière, infatigable casse-cou et magicien des mots. En lui, nous nous retrouvions tous ».

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Dans son sillage, plusieurs de ses prédécesseurs à l’Elysée ont tenu à rendre hommage à « Bébel ». François Hollande a estimé sur Twitter que l’acteur « aura su nouer avec les Françaises et les Français une relation exceptionnelle, aussi bien pour les rôles qu’il avait pu interpréter avec les cinéastes de la Nouvelle Vague que par les films qu’il a tournés et qui ont eu un immense succès, au point que chacun avait envie de l’avoir comme ami ». Même son de cloche à droite. « Avec la disparition de Jean-Paul Belmondo, la France perd l’un de ses acteurs majeurs, les Français pleurent une personnalité dont ils se sentaient proches. Les amoureux des grands films voient une page magnifique du cinéma français se tourner. Personne n’oubliera Jean-Paul Belmondo », a dit l’ancien président Nicolas Sarkozy.

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Fabien Roussel, numéro un du Parti communiste et également candidat à l’élection présidentielle, s’est dit « triste de le voir partir mais tellement heureux de ce qu’il nous laisse : le souvenir de l’artiste, du cascadeur, du comédien et de l’acteur populaire ». De son côté, la cheffe de file du Rassemblement national et candidate déclarée à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, a tenu à rendre hommage à la « gueule et [la] gouaille inimitables [de Belmondo et à] un acteur et un cascadeur légendaire ».

Alain Delon « complètement anéanti »

Le monde de la culture n’est pas moins unanime pour rendre hommage à « un acteur d’une sympathie humaine irrésistible », a relevé l’acteur italien Toni Servillo. Mais la réaction la plus marquante est encore celle d’un autre ponte du cinéma français, Alain Delon. Interrogé par téléphone sur CNews, il s’est dit « complètement anéanti », la voix tremblante. « Là, je vais essayer de m’accrocher pour pas faire la même chose dans cinq heures… Remarquez, ce serait pas mal si on partait tous les deux ensemble. C’est une partie de ma vie, on a débuté ensemble il y a soixante ans », a-t-il ajouté.

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Tout autant « bouleversée par la disparition de Jean-Paul » Belmondo, Claudia Cardinale a dit, dans un communiqué envoyé à l’Agence France-Presse : « Il était et restera, pour moi comme pour tant d’autres, l’image même de la vitalité. Il ne cessera jamais d’être en mouvement dans mon cœur et dans ma mémoire. Il est sourire et joie de vivre. Audace et simplicité. J’ai vécu auprès de lui tant moments heureux inoubliables. Je suis reconnaissante à la vie de l’avoir mis plusieurs fois sur mon chemin, le bon chemin. Mon affection la plus profonde va à ses proches et à ses enfants tout particulièrement. Addio Jean-Paul. »

Et si Jean-Paul Belmondo était particulièrement célèbre dans l’Hexagone, il était aussi « la plus grande star européenne » jusque dans les années 1980, a rappelé Samuel Blumenfeld, journaliste au Monde, dans notre tchat. Ainsi, Toni Servillo a salué « un acteur qui a marqué la jeunesse de tant de générations, qui a marqué une participation précise à une période importante du cinéma français, qui a contribué à la formation de générations de réalisateurs ». Tandis qu’Antonio Banderas affirmait sur Twitter : « C’est un triste jour pour la culture. Un grand acteur et une icône du cinéma français et européen nous a quittés. »

L’hommage d’un cinéma en deuil

Au-delà de ses collègues artistes, l’institution du cinéma a rendu hommage à Jean-Paul Belmondo par l’intermédiaire des festivals de Cannes et de Venise. Alors qu’il avait reçu, en 2011, une Palme d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, le Festival de Cannes, par la voix de Thierry Frémaux, a tenu à rappeler un précédent hommage, en 2011, quand « les photographes avaient prévenu : “On va poser nos appareils sur les marches et ce sera pour l’applaudir”. Sa générosité d’homme et d’acteur a inventé parmi les plus grands moments de l’histoire du cinéma. Merci Jean-Paul. Adieu Magnifique. »

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De son côté, la Mostra de Venise, qui se tient en ce moment et jusqu’à samedi, s’est souvenue « avec grande affection et admiration de l’acteur Jean-Paul Belmondo, icône du cinéma français et international, et premier interprète extraordinaire de l’esprit de modernité propre à la Nouvelle Vague ». En 2016, le festival lui avait décerné un Lion d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Par ailleurs, plusieurs chaînes de télévision ont bousculé leurs programmes pour rediffuser certains classiques de la filmographie de Jean-Paul Belmondo. Le Magnifique notamment, sur C8, ou encore L’As des as, sur France 2.

Le Monde avec AFP