Avec la hausse des coûts, les fournisseurs alternatifs d’énergie en difficulté

Jusque-là, ils se disputaient les clients. Cet automne, phénomène inverse : les fournisseurs alternatifs d’électricité ou de gaz les refusent ! Ou alors… certains poussent vers la sortie leurs propres consommateurs. « La plupart des fournisseurs ne sont plus en mesure de maintenir leurs anciennes grilles tarifaires, qui ne sont plus rentables », constate Frédérique Feriaud, directrice générale du Médiateur national de l’énergie.

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En cause : la hausse abrupte des coûts sur les marchés, pour le gaz comme pour l’électricité, sous l’effet d’une forte reprise de l’activité mondiale post-Covid. En France, depuis 2007, la libéralisation autorise des sociétés à concurrencer les tarifs réglementés d’EDF et d’Engie (ex-GDF). Dans le cas de l’électricité, près d’un tiers des ménages ont déjà cédé à une offre de marché. Dans le cas du gaz, déjà plus de deux tiers.

Résultat : cet automne, tous les clients de la filiale énergie des magasins Leclerc ont dû aller faire leurs courses ailleurs… Dès juillet, le fournisseur annonçait la fin de son offre pour la mi-octobre. Délai repoussé jusqu’à la fin du mois, pour plus de 100 000 clients. « A ce jour, 92 % [d’entre eux] ont choisi un autre fournisseur », indique un communiqué transmis le 16 octobre. Une offre à tarification dynamique, indexée au jour le jour, devait prendre la suite. Mais le contexte en a « reporté le lancement ».

Prix dissuasifs

La tendance générale a d’abord conduit les quarante fournisseurs à augmenter leurs tarifs de souscription à un nouveau contrat. Parfois, il s’agit avant tout de prix dissuasifs. Prenez les offres d’ENI et de TotalEnergies en électricité. Pour un appartement parisien de 45 m2, elles s’élèvent à 2 835 et 2 688 euros par an, selon le comparateur Selectra, le 19 octobre. Soit un surcoût respectif de 1 344 et 1 197 euros par rapport au tarif réglementé.

Mi-octobre, un peu plus d’un quart des fournisseurs avaient déjà opté pour une réponse encore plus nette à la crise : au moins onze sur quarante avaient, en effet, déjà retiré toute nouvelle offre dans l’immédiat, selon le Médiateur national de l’énergie. « Nous avons différé au début de 2021 de nouvelles souscriptions », précise ainsi François Joubert, fondateur d’Ohm Energie.

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Celui-ci assure pourtant se trouver « dans une situation bien plus confortable que certains confrères », en raison de provisions d’électricité faites dès 2020. C’est-à-dire bien avant l’envolée des cours du gaz, puis de l’électricité. En difficulté, certains fournisseurs sont allés jusqu’à augmenter pour novembre… les tarifs de leurs contrats en cours. Ainsi de Mint Energie, Mega, Wekiwi ou Planète Oui.

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