Avec « La Terre des hommes », l’acteur Finnegan Oldfield creuse son sillon

Finnegan Oldfield au bistrot Square Gardette, à Paris, le 5 juillet 2021.

Il y a une douzaine d’années, après une adolescence déscolarisée, Finnegan Oldfield était inscrit en mission locale – ces organismes chargés de l’insertion des jeunes. « Les oppor­tunités, ce n’était pas ouf. Une fois, j’ai fait un test qui prenait en compte mes compétences et le fait que j’ai arrêté l’école en 4e. » Suggestion ? Taxidermiste. « Tu m’imagines ? » Aujourd’hui, à 30 ans fraîchement sonnés, Oldfield est acteur, le métier qu’il désirait exercer depuis son premier passage devant une caméra, en CM2.

Distribué avec régularité depuis cinq ans, il a donné de sa personne – air buté, débit alerte, yeux clairs, sourire de tombeur – dans des personnages éclectiques : soldat (Ni le ciel ni la terre, de Clément Cogitore, 2015), lycéen organisateur de partouzes (Bang Gang, d’Eva Husson, 2015), jeune homme anobli par son amour du théâtre (Marvin ou la Belle Education, d’Anne Fontaine, 2017), conseiller maladroit d’une candidate à la présidentielle (Le Poulain, de Mathieu Sapin, 2018)…

Après avoir joué un banlieusard agité dans Gagarine, de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, en juin, le revoilà depuis le 13 août campant un éducateur dans le thriller Disparu à jamais, série Netflix tirée du roman de (et produit par) Harlan Coben.

« J’arrivais aux castings en vrac, avec des coquards, en ayant fait la fête la veille et lu le texte trois fois, mais cette désinvolture plaisait. » Finnegan Oldfield

Là, il sort, rincé et époustouflé, du tournage du prochain Michel Hazanavicius, un film de zombies où il sera « un acteur à la mode, genre le nouvel Adam Driver ». Mais le 25 août, c’est dans La Terre des hommes, de Naël Marandin, qu’on le verra, en apprenti paysan qui reprend une exploitation familiale avec sa future épouse (Diane Rouxel) dont on adopte le point de vue. Ambition d’agriculture responsable et amour fusionnel, jusqu’au viol qu’elle subit et qui vient tout fissurer.

D’un second rôle à peine esquissé, Finnegan Oldfield tire un jeune adulte émouvant, qui, dès lors que des malentendus se dissipent, croit la parole de celle qu’il aime. C’est tout. Et c’est beaucoup. « Etre une épaule, je n’avais jamais fait ça, raconte-t-il dans un café de l’Est parisien, attablé devant un Perrier. Il y avait un côté frustrant. Je me disais : est-ce que ce mec ne pourrait pas en faire davantage ? J’avais suggéré à Naël d’ajouter une scène où Bruno allait dire sa haine à l’agresseur de sa femme. Mais il a eu raison de me le refuser : c’est elle qui se sauve par elle-même. Et puis, peut-être qu’inconsciemment je voulais avoir égoïstement une scène à moi… »

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