Avec « Territoires d’industrie », l’Etat a jeté un pont entre élus et industriels

Les ateliers de fabrication d’étaux de l’usine VP Dolex, à Saint-Chamond (Loire), le 10 mai 2021. L’entreprise s’est portée candidate pour les appels à projets dans le cadre du dispositif « Territoires d’industrie ».

« Avant, les industriels avaient le sentiment que les élus ne les connaissaient pas, qu’ils étaient la dernière roue du carrosse. Le dispositif “Territoires d’industrie” a permis à tout le monde de se reconnaître, de se rassembler. » Pour Pierrick Tranchevent, vice-président de Mayenne Communauté chargé de l’économie et membre de l’un des binômes « un élu, un industriel » qui pilote « Territoires d’industrie » sur le terrain, la vertu première de cette initiative, lancée fin 2018 et dont Bercy et le ministère de la cohésion des territoires publient, lundi 11 octobre, un bilan d’étape, est assez simple : mettre de l’huile dans les rouages pour que tout le monde se parle et s’empare collectivement des problématiques propres aux entreprises industrielles de la région.

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Par exemple, pour ce territoire rural qui entoure la ville de Mayenne, « éloigné des centres de décision », comme le souligne l’édile, mais riche en emplois industriels (qui représentent 42 % de l’emploi total) grâce à un tissu de PME familiales, le sujet de l’attractivité est crucial : comment faire venir des jeunes dans cette région distante des grands centres urbains ?

L’une des réponses à cette problématique partagée par de nombreux autres territoires va prendre la forme d’un « hôtel d’alternants », une maison bourgeoise de la ville transformée en logements pour les apprentis venant travailler dans les usines locales et dépourvus de voiture ou de permis de conduire. Autre enjeu de taille pour l’industrie : la transition énergétique et environnementale. « Territoires d’industrie » a permis d’accompagner des projets de recyclage de l’eau sur les sites industriels ou d’installer des stations GNV (gaz naturel pour véhicules).

Importance de la formation

« La force du programme “Territoires d’industrie”, c’est de réunir les élus locaux et les industriels pour construire une vision partagée des actions à mener pour renforcer économiquement le territoire et créer des emplois, avec l’appui de l’Etat et de la région », résume la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, à l’occasion de ce bilan d’étape. Trois ans après le lancement du dispositif, l’Hexagone compte 146 « territoires d’industrie », autour de villes petites ou moyennes. Ils représentent pas moins de 542 intercommunalités. Sur ces territoires, environ 1 800 projets très concrets ont vu le jour.

A ce jour, 70 000 emplois dans l’industrie restent non pourvus et une société sur deux peine, en sortie de crise, à trouver de la main-d’œuvre disponible

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