Avec une levée de fonds de 200 millions de dollars, Swile révise ses ambitions à la hausse

Si les ambitions d’une société sont validées à la hauteur de ses levées de fonds, le pari de Swile est réussi. La start-up montpelliéraine, connue dans l’Hexagone pour avoir dématérialisé les titres-restaurants, annonce, lundi 11 octobre, son quatrième tour de table pour un montant de 200 millions de dollars (173 millions d’euros), avec pour principal investisseur le japonais SoftBank, le plus grand fond mondial orienté vers les compagnies technologiques. En moins de quatre ans d’existence, elle entre déjà dans le club des licornes tricolores – ces jeunes pousses valorisées plus de 1 milliard de dollars, au nombre d’une petite vingtaine.

A sa création, la société lancée par Loïc Soubeyrand (précédemment cofondateur et dirigeant de Teads) a profité de la très faible numérisation des titres-restaurants, avec tous les handicaps liés aux documents papier : impossibilité de payer sa note au centime près, risque de perte, retards dans la livraison aux employés…

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Face aux leaders historiques (Edenred, Sodexo) d’un marché estimé à 7 milliards d’euros de dépenses annuelles, Swile revendique désormais 13 % de parts de marché, en croissance de 4 à 5 points par an. « Aujourd’hui, 40 % des sociétés qui passent du papier au format dématérialisé le font avec nous », souligne le patron de la compagnie, qui revendique 15 000 clients pour 500 000 utilisateurs dans le monde. Carrefour, son plus grand client, distribue à lui seul 70 000 cartes à ses collaborateurs.

Elargir la gamme de services proposés

Swile, qui ne donne pas d’informations sur ses revenus, se finance grâce à un système d’abonnements et une commission prélevée sur les transactions réalisées par les commerçants (restaurants, supermarchés, boulangeries)… Mais l’entreprise voit déjà plus grand et veut capitaliser sur son implantation dans les entreprises – notamment les TPE-PME, qui constituent la grande majorité de ses clients – pour élargir la gamme des services qu’elle peut leur proposer.

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Son idée : permettre, avec une carte unique, aux employés d’accéder à leurs avantages salariaux. Outre les titres-restaurants, sa carte embarque désormais les chèques cadeaux que peuvent délivrer les entreprises et, bientôt, les aides à la mobilité durable ainsi qu’une fonctionnalité pour gérer les frais professionnels. « On veut que ce soit la carte que vous utilisez pour tout type de dépenses dans un contexte professionnel », explique M. Soubeyrand.

Accélérer à l’international

L’entreprise mise aussi sur l’application adossée à sa carte pour en faire un produit au centre de sa stratégie. « On va lancer tout un jeu de fonctionnalités permettant de centraliser tous les besoins des salariés (demande de vacances, notes de frais, fiches de salaire) et de renforcer les liens au sein de l’entreprise avec la création d’événements et de cagnottes. » Le nouveau service, en développement depuis plus d’un an, doit être lancé au début de 2022.

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