« Baby Boss 2. Une affaire de famille » : les bébés ont grandi mais rien gagné en sagesse

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Si la franchise Baby Boss s’est, depuis le premier film sorti en 2017, déclinée en série sur Netflix, on attendait avec gourmandise ce deuxième opus destiné au cinéma, craignant toutefois une forme d’assagissement. Avec ce drôle de bébé espion en costume et attaché-case, le studio était parvenu à consolider ce qui faisait sa force (mais aussi parfois sa faiblesse) : le second degré, l’humour potache et les intrigues hallucinées qui, en sous-main, livraient le commentaire critique d’une humanité en voie d’infantilisation, envoûtée par le « mignon » (les bébés, les chiots, les chats…).

Si l’effet d’attente a remplacé l’effet de surprise, Baby Boss 2. Une affaire de famille remplit parfaitement son office et parvient à nous élever au même niveau de débilité et de folie que son prédécesseur. Pour preuve, l’intrigue toujours aussi aberrante : si Baby Boss et son frère Tim ont grandi, ils ont l’occasion de redevenir des enfants pendant quarante-huit heures à la faveur d’une potion magique fournie par la petite fille de Tim, espionne pour le compte de l’entreprise Baby Corp.

Aussi foutraque qu’insensé

Leur mission ? Intégrer l’école alternative du Docteur Armstrong, où se trouve la grande fille de Tim, enfant sage et appliquée, bien trop raisonnable pour son âge. Dans son établissement pour surdoués, le Docteur fomente la « baby-révolution », un soulèvement contre les parents, jugés responsables de tous les maux de la planète et accusés de brimer le développement intellectuel de leurs enfants.

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Aussi foutraque qu’insensé, Baby Boss 2 avance à l’énergie de l’absurde et d’une surenchère dans la crétinerie qu’on est heureux de retrouver intacte. Le studio parvient une nouvelle fois à se libérer de tous les carcans scénaristiques pour avancer par palier vers l’absurde généralisé, critiquant au passage le culte de la performance qui attaque désormais l’éducation des enfants, devenus de grands singes savants. Le film entremêle le traditionnel récit familialiste, la critique sociétale et le grand n’importe quoi dans un magma visuel et narratif sans queue ni tête, mais toujours aussi jouissif et effronté.

Film d’animation américain de Tom McGrath (1 h 47).