Baccalauréat : l’impossible réforme a commencé

Le savent-ils, les 715 000 lycéens qui viennent de vivre la première édition du « bac Blanquer », qu’ils représentent, pour l’institution scolaire, bien plus que la « génération Covid-19 » ? Avec eux, l’examen bicentenaire, érigé au fil du temps en symbole de l’immobilisme politique en matière d’éducation, a amorcé sa mue : cette génération née à l’aube des années 2000, et dont le parcours scolaire a été émaillé de réformes (celle des rythmes en 2013, celle du brevet en 2017, celle du lycée aujourd’hui), apporte la preuve que l’on peut, même en décrochant le titre de bachelier avec moitié moins d’épreuves finales, se voir coiffé de la « bacca laurea » − la couronne de lauriers, comme disaient les Anciens. Avec quelques craintes avant l’échéance, pas mal de couacs pendant l’examen, mais pas moins d’émotion à l’issue de la session.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Baccalauréat : Jean-Michel Blanquer veut déjà faire évoluer sa réforme

Le bac (ancienne formule) est mort ; vive le (nouveau) bac ? Les résultats publiés mardi 6 juillet diront si le cru 2021 est bon. Celui de 2020, avec ses 95 % de reçus, un niveau record, avait fait craindre un « bac au rabais ». On avait dit la même chose du « bachot » 1968, passé, dans le sillage du mouvement de mai, à l’oral uniquement. Or, on sait aujourd’hui que cette génération-là a bénéficié d’une trajectoire professionnelle aussi réussie que les précédentes.

« Simplifier »

En attendant de savoir si les nouveaux bacheliers trouveront leur chemin dans les méandres de l’enseignement supérieur, c’est d’une autre réussite que l’on se félicite au ministère de l’éducation nationale : l’introduction d’une part de contrôle continu dans la note finale d’un examen réputé irréformable, bien qu’il ait été en perpétuel chantier.

M. Blanquer avait fixé cette part à 40 % ; elle a doublé cette année du fait du contexte sanitaire. Mais un retour à l’« équilibre » de la réforme est déjà acté pour septembre. Ce sera du « vrai » contrôle continu, « plein et entier », insiste-t-on dans l’entourage du ministre : pas basé sur des « épreuves communes » qui semblent mort-nées (leur disparition devrait être annoncée courant juillet), mais sur les notes obtenues durant l’année.

« Simplifier » le bac : Emmanuel Macron en avait fait une promesse de campagne. A moins d’un an de la fin du quinquennat, et à un moment où le chef de l’Etat entend relancer le train des réformes, son ministre de l’éducation se repositionne ainsi en bon élève de la Macronie.

Il vous reste 58.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.