Bangladesh : le propriétaire de l’usine incendiée a été arrêté pour homicide

L’usine ravagée par les flammes, dans la banlieue de Dacca, au Bangladesh, le 9 juillet 2021.

Le propriétaire d’une usine d’alimentation du Bangladesh dont l’incendie, survenu vendredi 9 juillet, a fait 52 morts a été arrêté samedi pour homicide, a annoncé la police, alors qu’on apprenait que l’usine employait également des enfants à partir de 11 ans. Outre le propriétaire de la compagnie Hashem Food and Beverage, sept autres personnes ont été arrêtées, dont quatre de ses fils, après cet incendie qui aura duré plus de vingt-quatre heures et fait également une trentaine de blessés, a précisé la police.

Lire aussi Au Bangladesh, plus de cinquante morts dans le gigantesque incendie d’une usine

Une enquête séparée aura lieu concernant l’emploi d’enfants dans cette usine de Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, qui fabriquait notamment des bonbons, des nouilles et des jus de fruit, a-t-elle ajouté. Selon le chef de la police locale, Jayedul Alam, l’entrée de l’usine était fermée à clé au moment de l’incendie, et de nombreux points du règlement de sécurité n’étaient pas respectés. « C’est un meurtre délibéré », a-t-il déclaré à l’AFP.

Les pompiers finissent de maîtriser l’incendie à l’intérieur de l’usine, qui a coûté la vie à 52 personnes le 9 juillet 2021.

Des enfants travaillaient dans l’usine

Les services de secours ont trouvé 48 corps au troisième étage, dont la porte donnant sur l’escalier principal était fermée à clé, selon le porte-parole des pompiers. Des produits chimiques hautement inflammables et des plastiques étaient également stockés dans le bâtiment.

La ministre du travail Monnujan Sufian a par ailleurs fait savoir qu’une enquête avait été ouverte sur l’emploi d’enfants dans cette usine, et a déclaré à l’AFP avoir parlé à l’hôpital à deux survivants de l’incendie âgés de 14 ans, et à une femme dont l’enfant de 11 ans, qui travaillait dans l’usine, était pour l’instant porté disparu.

Le Bangladesh avait promis des réformes sur les conditions de travail dans les usines, après le désastre de Rana Plaza en 2013, lorsqu’un site de neuf étages s’était écroulé, tuant plus de 1 100 personnes. Mais les incendies et autres accidents meurtriers n’ont pas cessé pour autant. En février 2019, 70 personnes sont mortes lors d’un incendie causé par des produits chimiques stockés illégalement dans des appartements.

Lire aussi Rana Plaza, la mort de l’industrie

Le Monde avec AFP